jeudi 4 novembre 2010

Mobilisation contre l’offensive visant à la destruction des acquis sociaux en Belgique et en Europe

L’Ambassadeur de France, Stéphane Hessel, n’hésitait pas récemment, sur une antenne française, à dénoncer la politique du Président Sarkozy consistant, disait-il, en un démantèlement de l’accord passé entre le Conseil National de la Résistance et le Général de Gaulle au sortir de la deuxième guerre mondiale. Le C.N.R., fondé en 1943 par Jean Moulin, avait pris le temps, dans le maquis, de tracer les grandes réformes sociales et économiques qui devaient conduire la politique française au sortir de la guerre.
C’est le même constat qui peut être fait aujourd’hui dans l’ensemble des pays européens, la Belgique comprise. Ils marchent, par conviction ou pour certains d’entre eux par contrainte acceptée, vers l’objectif de déconstruction du modèle social européen. Ce modèle, qui sert de référence à des experts américains proches de Barak Obama ou à des auteurs comme Joseph Stieglitz, est devenu inacceptable pour nombre de nos dirigeants. Il serait incompatible avec une vue « saine » du marché.
Pour ces fossoyeurs de notre modèle social, la crise économique ne serait au fond qu’une occasion exceptionnelle d’en revenir à l’essentiel du capitalisme d’accumulation : la marche forcée des peuples vers l’austérité au service de la croissance.
Pour y parvenir, leurs discours convergent : c’est contraints, voire à regret, qu’ils adoptent des mesures antisociales et régressives portant atteintes aux droits fondamentaux des personnes. C’est, selon eux, la seule manière de rétablir les équilibres financiers qui mettent à mal la bonne gestion de l’Etat. Ils omettent de dire que ce sont les banques, le système financier et les cadeaux financiers aux possédants qui sont à la source de ces déséquilibres.

Officiellement, ils prennent ces mesures d’austérité pour satisfaire les agences de cotation, monstres froids et anonymes au service du capital multinational. Les gouvernements européens, qu’ils soient de droite ou de gauche, se plient à leurs diktats afin d’éviter leur propre déchéance.
L’urgence, aujourd’hui, est de comprendre qu’il ne s’agit pas nécessairement d’attitude autiste ou bornée de la plupart de nos dirigeants mais de l’acceptation enthousiaste au nom d’une pensée unique. C’est leur incapacité à penser autrement qui les rend insensibles aux revendications et protestations des travailleurs et des victimes de l’exclusion de masse.

L’urgence est aussi de repenser, de construire et de mettre en œuvre l’alternative. Par delà les proclamations qu’ « un autre monde est possible », il faut retrouver l’esprit et les initiatives qui ont permis à nos pères de révolutionner l’éthique citoyenne et d’engager des pratiques sociales, et de créer des organisations fondées sur des projets émancipateurs pour toutes et tous. Ce que nos anciens nous ont laissé, ce sont des expériences de résistances populaires pour la promotion de leur bien être, qu’il s’agisse des coopératives ou des mutuelles…. A chaque fois l’économique, le social, le culturel s’entremêlaient pour renforcer cette éthique citoyenne, permettant politiquement de faire progresser les droits économiques et sociaux vers plus de solidarité, de justice et d’équité. Les circonstances historiques qui servaient de cadre à leurs engagements et initiatives étaient bien plus difficiles qu’elles ne le sont aujourd’hui.

Aussi, n’ayons crainte de réaffirmer notre engagement pour le progrès de l’humanité et décrétons haut et fort notre aversion pour le « national ultra libéralisme » et les différentes formes d’obscurantisme. Tant il est vrai que ceux-ci tentent, par tous les moyens, d’abuser de l’espace démocratique pour nous imposer leur dogme d’un « monde fini » (la « fin de l’Histoire ») et qui leur serait donc réservé.


Pierre Galand.
27 octobre 2010.
 

 

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