Communiqué de presse de la coalition belge contre les armes nucléaires

Résultat du sondage international : 2/3 des Européens veulent se débarrasser des armes nucléaires américaines stationnées en Europe.

Une nouvelle enquête internationale, commanditée par la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), souligne que plus des deux tiers des populations belge, néerlandaise, allemande et italienne attendent de leur gouvernement une politique radicalement différente à propos des armes nucléaires.

À la veille du premier anniversaire du Traité d’interdiction des armes nucléaires des Nations Unies (7 juillet) et du sommet de l’OTAN à Bruxelles (11, 12 juillet), ICAN (Lauréat du Prix Nobel de la paix 2017) a organisé une enquête publique représentative en Belgique, aux Pays-Bas, en Allemagne et en Italie. Quatre pays européens qui entreposent des armes nucléaires américaines sur leur territoire.

Les citoyens ont été sondés sur quatre questions : 1/ Pensez-vous que les armes nucléaires américaines devraient être retirées de votre territoire ? 2/ Pensez-vous que votre gouvernement devrait signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires de l’ONU ? 3/ Trouvez-vous problématique que des institutions financières de votre pays investissent activement dans l’industrie des armes nucléaires ? 4/ Pensez-vous que les nouveaux avions chasseurs-bombardiers devraient continuer à avoir une capacité d’emport nucléaire?

Le sondage souligne clairement que la population belge veut une politique radicalement différente concernant les armes nucléaires. Ainsi :

  • 57% des citoyens belges veulent que les armes nucléaires soient retirées de Kleine Brogel, contre 21% qui désirent qu’elles restent sur le sol belge.
  • 66% souhaitent que le gouvernement belge signe le nouveau Traité d’interdiction des armes nucléaires, contre 14% qui s’y opposent.
  • 68% des citoyens estiment inapproprié, le fait que des banques belges investissent dans l’industrie des armes nucléaires, contre 14% qui ne pensent pas que ce soit un problème.

Gouvernement vs Population

Pourtant, le gouvernement fédéral refuse de signer le Traité d’interdiction des Nations Unies et de débarrasser la Belgique des armes nucléaires. Il soutient que ce Traité est incompatible avec l’adhésion de la Belgique à l’OTAN, malgré les recherches récentes de l’Université d’Harvard qui démontrent que chaque État membre de l’alliance est tout à fait libre de signer le Traité d’interdiction sans avoir à revoir sa position dans l’OTAN.

Les experts militaires et diplomatiques s’accordent largement sur le fait que les armes nucléaires américaines stationnées en Europe ne présentent aucun avantage militaire, alors qu’elles coûtent beaucoup d’argent et augmentent le risque d’incidents nucléaires, d’erreurs ou d’attaques. Conscients de ces risques et de cette inutilité, les Parlements fédéral et flamand ont adopté, en avril 2015, une Résolution demandant au gouvernement de retirer les armes nucléaires américaines de Kleine Brogel. Cette Résolution est restée lettre morte jusqu’à aujourd’hui.

Cette enquête montre à nouveau le fossé énorme qui subsiste entre les attentes des citoyens belges et l’action du gouvernement. Il est grand temps de changer radicalement la politique belge en matière d’armes nucléaires. Comme le demande clairement la société belge, il faut renvoyer ces armes nucléaires à leur expéditeur et signer le Traité d’interdiction des armes nucléaires des Nations Unies.

Pour la coalition belge contre les armes nucléaires,

Samuel Legros (CNAPD – samuel.legros@cnapd.be)

Consultez en ligne, les résultats de l’enquête d’ICAN « One Year on: European attitudes toward the Treaty on the prohibition of nuclear weapons. A Yougov Poll of Four NATO states. »

Alix André

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