Interview d’un Nuke-Free-Zonien

Bonjour, j’ai appris qu’une campagne Nuke-Free-Zone avait été lancée. Bien que je m’intéresse à la question du nucléaire en Belgique je n’ai pas pu participer à vos soirées de lancement. Pourriez-vous m’en dire plus sur votre campagne ?

  • Qu’est-ce qu’Agir pour la paix ?

Agir pour la Paix est une association d’éducation permanente qui a pour objectif d’informer et de sensibiliser le grand public en Belgique francophone sur des sujets qui entravent la paix. Notre association compte quatre permanentEs et se base sur l’engagement des citoyens pour mener des actions de sensibilisation et des actions directes non violentes/désobéissance civile.

  • Pourquoi s’investir contre le nucléaire ? Et pourquoi en Belgique ?

La thématique du nucléaire militaire est intiment liée à l’histoire d’Agir pour la Paix, puisque nous sommes le résultat d’une fusion de deux mouvements anti-militaristes belges dont le MIR-IRG (1967) et Action pour la Paix/Vredesactie (àpd 1997). La question du nucléaire militaire fut centrale pour ces deux mouvements.

Agir pour la Paix est donc profondément convaincue qu’il est urgent que les armes nucléaires disparaissent de notre planète pour la simple raison qu’elles pourraient l’anéantir une trentaine de fois. A cela s’ajoute de nombreuses raisons d’abolir l’arme nucléaire qu’il serait trop laborieux de vous évoquer ici… (Plus d’info :  www.nuke-freezone.be)

Si aujourd’hui le nucléaire militaire n’a plus la cote auprès du public, ce n’était pas le cas dans le passé à l’époque de la guerre froide. Rappelons que l’une des plus grandes manifestations de l’histoire de la Belgique fut celle organisée par vous même, la CNAPD, le 23 octobre 1983 contre les armes nucléaires. A cette époque, la population était, à juste titre, effrayée à l’idée d’une guerre nucléaire et s’opposait fermement à la présence des bombes atomiques étasuniennes présentes sur le sol Belge.

En 2017, 15.000 bombes nucléaires sont encore en circulation dans le monde et une vingtaine de bombes nucléaires sont toujours présentes sur la base militaire de Kleine-Brogel. Pourtant, tout le monde semble avoir oublié leur présence et surtout, leur danger. Or, les bombes stockées en Belgique sont dotées d’une puissance réglable pouvant aller de 1Kt à 340 Kt, soit jusqu’à 26 fois la puissance de la bombe d’Hiroshima…  Par ailleurs, le gouvernement belge s’apprête à remplacer sa flotte de chasseurs-bombardiers par de nouveaux avions pour un coût estimé à 15 milliards €. Et comme l’a confirmé ce 20 janvier le ministre de la Défense Didier Reynders, ces futurs avions devront être dotés d’une capacité nucléaire.

Or, du 27 au 30 mars et du 15 juin au 7 juillet 2017, l’ONU entamera à New York un processus visant l’interdiction des armes nucléaires. C’est un véritable tournant historique car depuis 20 ans, il n’y a eu aucune avancée concrète en matière de désarmement nucléaire. Malgré l’opposition des Etats nucléarisés, 123 Etats se sont engagés dans le projet de résolution L.41 de l’ONU afin d’ élaborer  un texte juridiquement contraignant pour la prohibition des armes nucléaires.  La Belgique a, quant à elle, voté contre ce Traité.

  • Qu’est-ce que la campagne Nuke-Free-Zone ? Quel en est l’objectif ?

La campagne Nuke Free Zone lancée en décembre 2016 a pour objectifs :

  •  Que le gouvernement belge procède au retrait de la vingtaine de bombes nucléaires étasuniennes présentes sur la base militaire de Kleine-Brogel.
  • Que la Belgique s’engage dans les négociations multilatérales pour le nouveau Traité d’interdiction des armes nucléaires qui débuteront ce 27 mars à l’ONU
  • Que la Belgique devienne une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN)
  • Comment ? Quels seront les activités organisées ?

Le premier défi est d’informer le grand public sur ce sujet afin de progressivement remettre cette question au centre du débat sociétal, médiatique et politique. Nous avons donc l’intention de multiplier les canaux et les supports de communication et de mener plusieurs actions de sensibilisation.

Nous savons qu’il en faudra davantage pour convaincre le gouvernement belge de rompre l’accord nucléaire avec l’OTAN. C’est pourquoi nous envisageons de mener des actions de désobéissance civile puisque nous estimons que l’intérêt général est menacé et qu’il revient aux citoyens d’assumer cette responsabilité, puisque le gouvernement ne le fera pas de lui-même.

  • Qu’entendez-vous par « des modes d’actions fidèles à Agir pour la paix » ?

ToutEs les permanentEs d’Agir pour la Paix ont participé activement aux actions Bomspotting et NATO GAME OVER, entre 2001 et 2012. Lors de ces actions de désobéissance civile, plusieurs centaines de personnes envahissaient illégalement les bases militaires de Kleine-Brogel et le siège de l’OTAN. Cette culture de l’action directe non-violente est inhérente à l’esprit de l’association et en fait sa particularité.

  • Et pourquoi participer aux formations Nuke-Free-Zone ? En quoi consiste-t-elle ?

Les formations Nuke-Free Zone seront avant tout une occasion de (re)découvrir le processus d’une action directe non-violente, se familiariser avec le contenu, les concepts, les questions légales, les techniques, etc. Bien entendu, nous espérons pouvoir compter sur la participations des particpantEs lors de nos futures actions Nuke-Free Zone. Par ailleurs, ce sera également l’occasion d’inviter les participantEs à s’investir dans la campagne à travers nos groupes de volontaires.

  • Est-ce que je peux participer à vos formations sans avoir participer à la soirée de lancement ?

Certainement puisque le contenu de ces formations est censé pouvoir s’adapter à d’autres types d’actions. Toutefois, le contenu de la campagne Nuke-Free Zone ne sera que survolé et nous renverrons les personnes désireuses d’en savoir plus vers les ressources disponibles sur nuke-freezone.be

Jonas Boussifet

Jonas Boussifet

Jonas Boussifet est chargé d’animation à la CNAPD.

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