La situation des droits de l’homme au Sahara Occidental fait l’objet de peu de commentaires dans la presse. L’actualité et les rapports dénonciateurs des missions qui se sont succédé en 2012 dans les territoires occupés par le Maroc, nous donnent l’occasion d’aborder le sujet. Sujet d’autant plus d’actualité que le Maroc vient d’expulser, sans ménagément,quatre parlementaires européens qui voulaient se rendre dans les territoires occupés. Vous pouvez lire et télécharger la réaction de l’ambassadeur du Maroc auprès de l’UE sous cet article, ainsi que la note sur rapport Maroc-Sahara occidental ONU 2013 qui relate la situation affligeante.

Une conférence internationale sur les droits de l’homme au Sahara Occidental s’est tenue le 2 février dernier au Palais du Luxembourg à Paris, à l’invitation de Mme Leïla Aïchi, membre de la Commission des Affaires étrangères du Sénat. Elle a réuni quelque 200 personnes.

L’appel lancé à l’issue de cette conférence plaide pour :

  • la tenue rapide du référendum d’autodétermination (prévu pour début 1992 par l’accord de Paix signé par le Front Polisario et le Royaume du Maroc sous l’égide des Nations Unies et de l’OUA),
  • la libération de tous les prisonniers politiques sahraouis, l’arrêt de la répression au Sahara Occidental et le respect des libertés fondamentales,
  • l’instauration d’un mécanisme international pour la surveillance du respect des droits de l’homme au Sahara Occidental,
  • l’arrêt de l’exploitation des ressources naturelles du Sahara Occidental, illégale au regard du droit international.

Le rejet de l’admission du Maroc au Conseil des droits de l’homme de l’ONU en décembre 2012 n’a pas été ébruité. Il constitue cependant une claire condamnation de la politique marocaine dans les territoires sahraouis occupés. Il s’appuie sur les rapports accablants de plusieurs missions.

Une délégation de la Fondation Robert Kennedy pour la justice et les droits de l’homme (RFK) a visité, en août 2012, tant les territoires occupés que les campements de réfugiés à Tindouf, dans le sud algérien. Son rapport fait mention de cas de disparition, de torture, d’exécutions extra-judiciaires par les forces d’occupation marocaines et réclame d’urgence l’instauration d’un mécanisme international permanent pour la protection des droits de l’homme du peuple sahraoui.

De son côté, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, M. Juan Mendez, après sa visite en septembre, a déclaré qu’il avait reçu des « témoignages crédibles faisant état de pressions physiques et mentales excessives sur des détenus au cours d’interrogatoires ».

Quant au représentant personnel du Secrétaire général des Nations Unies, M. Christopher Ross, il a rédigé, après sa tournée de novembre 2012, un rapport faisant état d’aveux arrachés aux Sahraouis sous la torture.

Ce mois de février, le Parlement européen, dans une résolution sur les droits de l’homme dans le monde, a exprimé lui aussi son « inquiétude quant à la détérioration des droits de l’homme au Sahara Occidental » et appelé au « respect des droits fondamentaux de la population du Sahara Occidental, y compris la liberté d’association, d’expression, et le droit de manifester ».

Dans son rapport mondial 2012, l’ONG Human Rights Watch a demandé au gouvernement marocain de « réviser ses lois répressives, réfréner la violence policière et améliorer l’indépendance de la justice, s’il veut concrétiser les promesses en termes de droits humains contenues dans la nouvelle constitution du pays ».

Par ailleurs, le procès des 24 prisonniers civils sahraouis du groupe de Gdeim Izik, du nom du camp pacifique démantelé dans la violence en novembre 2010, a débuté en ce mois de février devant le Tribunal militaire de Rabat. Le verdict est tombé ce 17 février : condamnations de 2, 20, 25 et 30 ans à la perpétuité ! Les prisonniers ont rejeté en bloc tous les chefs d’accusation les désignant comme « une bande de criminels » et dénoncé un procès politique en rapport avec la question du Sahara Occidental.

Les organisations de solidarité, des juristes marocains, des membres du Parlement européen ont dénoncé un simulacre de procès et appellent le gouvernement marocain à libérer les prisonniers et à mettre fin à la répression à l’encontre des civils sahraouis des territoires occupés du Sahara Occidental. Des observateurs européens, pour la plupart des magistrats, avocats et militants des droits de l’homme, ainsi que des ONG marocaines de défense des droits de l’homme, ont assisté au procès.

Si vous souhaitez vous associer à la campagne pour les droits de l’homme : « Stop à la répression ! oui à l’autodétermination » lancée par le Comité belge de soutien au Peuple sahraoui, n’hésitez pas à contacter Hilt Teuwen (0497 43 18 16 ou sahcombe@gmail.com).

Le Comité a édité des cartes demandant des nouvelles de Mme Amgaili Yadih Embarec disparue depuis 1985. Elle a été arrêtée alors qu’elle participait à des manifestations pour l’indépendance du Sahara Occidental. Une deuxième carte s’inquiète du sort de Mr Mohamed Lamin Haddi, arrêté en novembre 2010 au moment où il devait rencontrer deux médecins belges désireux d’établir un rapport sur les conséquences médicales du démantèlement du camp de Gdeim Izik. Ces cartes sont envoyées chaque mois à une personnalité choisie en fonction de l’actualité (chefs de gouvernement, responsables des Nations Unies,…).

Plus d’info sur www.arso.org

Rappelons que le 21 mars prochain, le comité de soutien au Sahara occidental belge et la CNAPD, vous invite à prendre le café autours de la question sur le Sahara occidental avec une délégation en provenance des territoires occupés du Sahara Occidental.

Nanou SONET
Les Amis du Monde Diplomatique – Belgique

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