Comment être et rester un chrétien bien informé? En faisant partie de l’ACi ! Une interview de Bernard Hubien pour découvrir Agir en Chrétiens informés, association-membre de la CNAPD.

Comment est née l’ACi ?

L’ACi – Agir en Chrétiens informés – est une association d’éducation permanente reconnue par la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’association a un peu plus de 100 ans, elle est née au début de la Première Guerre mondiale. En effet, les hommes étant partis au front, les femmes ont commencé à gérer les affaires de leurs maris absents et les comptes de leur ménage. Elles se sont alors regroupées pour s’entraider et partager leurs soucis.

Comment a-t-elle évolué ?

Dans un premier temps, ce n’était qu’un mouvement de femmes qui s’était réuni pour s’entraider, c’était la fédération des femmes catholiques de Belgique. Bien après, les hommes ont trouvé l’idée intéressante et s’y sont joints. Aujourd’hui l’association se dénomme « Agir en Chrétiens informés ». Malgré le changement de nom, l’association a toujours gardé le même principe : des petits groupes de personnes qui se voient régulièrement, tissant des liens de confiance, avec pour objectif de « Réfléchir pour Agir ». Un principe qui suit très fidèlement la méthode propre à l’éducation permanente et qui émane du cardinal Cardijn, fondateur de la JOC : « voir, juger, agir ».

L’ACi existe dans 35 pays et est membre d’un mouvement international présent dans les cinq continents, le MIAMSI (mouvement international d’action des mouvements socio-indépendants). Le MIAMSI est une communauté de mouvements d’Église rassemblant des chrétiens de différents milieux s’engageant à transformer les mentalités et les structures de la société en cohérence avec les valeurs de l’Evangile auquel ils se réfèrent. De plus, les membres du MIAMSI tentent d’apporter un regard lucide et critique sur les réalités du monde, sur les cultures et les façons de vivre de nos sociétés.

Comment fonctionne l’association ?

Aujourd’hui, il y a deux permanentes, mais l’ACi fonctionne surtout sur l’engagement bénévole de ses membres.

L’ACi travaille de manière locale : les membres font partie d’une équipe (de 8 à 10 personnes, maximum 12). Ils se rencontrent en général une fois par mois pour partager un temps de réflexion sur la thématique annuelle. Ils travaillent sur base d’outils, une brochure annuelle et des notes de travail, cinq fois par an. En Belgique, l’ACi est constituée d’une centaine d’équipes. Il existe des comités régionaux à Bruxelles, Brabant Wallon, Namur, Luxembourg, Lièges, Verviers, Mouscron, Charleroi, Mons, Soignies et Waremme. Chaque région organise ses activités, comme un weekend, une soirée, une conférence, un spectacle… Au niveau national, les différentes régions sont représentées à l’assemblée générale.

Sur quoi se focalisent les membres en 2015 ?

Le thème de l’année 2014-2015 est : « D’âge en âge », c’est-à-dire l’évolution de chaque âge de la vie, à travers la constance et le changement mais aussi à travers le tissage des liens entre générations. Globalement, l’ACi travaille plus dans les relations d’échanges, l’objectif est d’offrir aux membres la possibilité de réfléchir sur le monde et leurs habitudes à partir d’une démarche d’éducation permanente. Leur optique est celle de la construction d’un monde plus juste, démocratique et respectueux de chacun. Cela débouche sur des engagements concrets pour le bien de tous (banque alimentaire, atelier en prison, activités de soutien au développement d’une école en Afrique, etc.).

Quelles sont les prochaines activités ?

Au niveau national outre la brochure annuelle et les notes de travail, un weekend est organisé autour de la thématique de l’année.

Dans la brochure annuelle, il est proposé d’approfondir différents aspects du thème en trois étapes :

– Voir : choisir un aspect du thème, lire le fait proposé ou en choisir un autre semblable qui vient de son expérience et répondre aux questions d’analyse.
– Juger (analyser) : comprendre plus profondément les mécanismes et enjeux qui se cachent derrière le fait.
– Agir : réfléchir ensemble aux pistes à emprunter et aux actions qui peuvent faire évoluer les mentalités et les situations. Envisager concrètement les actions collectives à mener et les mettre en œuvre.

Par ailleurs, depuis plusieurs années, un week-end est aussi organisé à partir d’œuvres romanesques. C’est l’une des permanentes, Marie-Pierre, qui mène cet atelier Le but est de discuter d’un ou deux romans qui sont en lien avec le thème d’année. L’atelier est intéressant car il amène tant un public intéressé au départ par les problématiques et les perspectives de l’ACi qu’un public intéressé par la littérature.

Chaque équipe a aussi ses propres activités. Par exemple, des membres de l’association ont aidé des femmes incarcérées à améliorer leur vie, en proposant des cours d’art floral. Le fait de pouvoir amener des fleurs en prison est quelque chose d’exceptionnel, surtout que la prison aurait pu refuser, car sont utilisés des outils dangereux (comme des couteaux, des ciseaux ou du fil de fer). Par la suite, les femmes les ont remerciées car cette activité avait changé leur attitude en prison. Cette action a rendu leur vie meilleure, a changé leur quotidien et leur estime d’elles-mêmes.

Que fait l’ACi pour toucher citoyens et hommes politiques ?

L’objectif de l’ACi est principalement d’offrir aux membres inscrits des activités s’inscrivant dans l’éducation permanente. Les communiqués de presse sont seulement utilisés pour des prises de position importantes. Agir au niveau interrelationnel est un enjeu de taille dans notre société qui est très segmentée. L’association a déjà interpellé des élus, mais en général, il n’y pas vraiment d’action politique immédiate.

Il y a des membres qui, à partir de leur implication dans l’ACi, ont pris des engagements politiques et sociaux. Par exemple : plusieurs ont été élus au niveau communal, provincial ou fédéral ; une membre a été la vice-présidente du conseil des femmes de Belgique…

Pour l’action politique, le fait d’être membre de la CNAPD en est une. L’association pense qu’en travaillant avec d’autres, on peut davantage avancer sur les questions importantes de notre société.

Comment peut-on aider, participer activement aux projets et actions de l’association ?

Pour participer, il faut entrer dans la dynamique d’une équipe, en acceptant l’univers référentiel de l’ACi. Pour devenir membre, il faut contacter le bureau et les responsables les inviteront à intégrer une des équipes.

Pour l’ACI, être membre de la CNAPD ça veut dire quoi ?

Être membre de la CNAPD, pour l’ACi c’est apporter ce que nous sommes, dans un lieu, où, avec d’autres, nous construisons quelque chose. Au départ, l’ACi a rejoint la CNAPD pour les dimensions du travail sur la citoyenneté et la démocratie. En effet, construire une démocratie où chacun trouve sa place et se voit respecté dans ses droits est un enjeu fondamental.

Carole Glaude

Carole Glaude

Chargée de communication et réseaux à la CNAPD

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