Mais qu’attendons-nous pour enfin suspendre cette procédure de remplacement des F16 ? Une procédure biaisée et opaque depuis le départ. Le lieutenant-colonel Decrop déclarait encore dans son audition en Commission défense que la décision de remplacer les f16 belges ne « devait » pas nécessairement avoir lieux maintenant. En effet, leur capacité pourraient selon les rapports cachés de Lockheed Martin être prolongée pendant au moins 6 ans tout en faisant économiser à la Belgique près de 900 millions d’euros.

Suspendre cette procédure permettrait à tout le moins de réfléchir à une question cruciale qui n’a jamais fait l’objet d’une large débat démocratique et transparent : la prolongation de la capacité nucléaire de la Belgique. Car avec le remplacement de nos avions de chasse c’est aussi de cela que ça s’agit ! Si le gouvernement belge a depuis le départ l’intention ferme de permettre à ses avions de continuer à transporter les armes nucléaires américaines stockées à Kleine Brogel alors cette procédure de remplacement n’est qu’une mascarade  puisque seul le F35 de Lockheed Martin est doté de la technologie nécessaire au transport de ces bombes. Le fait que la Belgique s’obstine à ignorer le traité de non-prolifération des armes nucléaire et son successeur, le traité d’interdiction des armes dont le texte a été par près de 130 pays à travers le monde, est un sérieux indice sur le position de notre gouvernement à ce sujet… Mais est-ce l’opinion de la population ? Rien n’est moins sûre !

Parce que c’est bien l’argent du contribuable belge qui financera le remplacement de ces F16 pour la coquette somme de 3,6 milliards au minimum rien que pour le rachat (et un programme évalué à 15 milliards au total). Comment justifier une dépense pareille alors que les besoins sont criants dans des domaines fondamentaux tels que la santé, la justice, les transports en commun, la transition énergétique et la lutte pour l’environnement, la lutte contre la pauvreté ou encore la solidarité internationale… tant de secteurs qui influencent bien plus grandement le bien-être des Belges au quotidien ? On peut bien nous parler des potentielles retombées économiques mais celles-ci restent totalement hypothétique et incertaines.

Alors bon sang il est temps de siffler la fin de récréation. Nous avons au moins 6 ans devant nous pour y réfléchir sérieusement dans le cadre d’un débat large et ouvert à d’autres qu’aux seuls experts de l’armée car il s’agit d’un investissement qui nous concerne tous !

Naïma Regueras

Naïma Regueras

Présidente de la CNAPD

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