L’édito de « la Libre Belgique » du vendredi 24 septembre dernier établissait, dans le titre déjà, un constat alarmiste sur le gouvernement wallon qui, apparemment, « joue avec le feu » dans la concertation qu’il a mis en place dans le cadre de la nouvelle mouture de la licence d’exportation d’armes légères.

La CNAPD ne peut une nouvelle fois (un autre article de la même veine est paru dans « la libre » du 26 août) passer sous silence cet exposé parcellaire et dangereux pour quiconque n’aborde ce sujet épineux que sous le prisme économico-économique ; particulièrement quand on lui réserve l’encart éditorial.

Non, la paix ne s’arrache pas par les armes. La paix ne s’impose pas ; surtout pas par la violence.

L’enjeu des licences d’exportation d’armes ne se trouve d’ailleurs pas là : les entreprises wallonnes de l’armement veulent exporter leurs armes pour générer du profit, et sûrement pas pour répandre la bonne nouvelle dans le monde.

L’armement est un commerce lucratif. Il génère de la richesse dans des bassins industriels qui connaissent des difficultés historiques, c’est évident. Mais à poser le constat uniquement dans ces termes, on en vient à oublier que les armes sont des objets à tuer, et qu’elles tuent effectivement. Ainsi, si « La Libre » a fort bien présenté le problème sous le prisme socio-économique, l’autre donné de l’équation, que l’on pourrait appeler le donné humain, est totalement passé sous silence. Il apparaissait dès lors crucial aux yeux de la CNAPD de pallier à ce manquement grave, en rappelant quelques chiffres.

Pour donner tout son relief à la problématique de l’exportation des armes légères, il apparaît en effet utile de mettre quelque peu en perspective les arguments que l’on lit souvent sur le sujet en rappelant certaines caractéristiques des armes légères.

Leur surabondance :

  • Il y a quelque 550 millions d’armes légères en circulation dans le monde;
  • 8 millions d’armes légères sont produites chaque année et 800.000 armes légères sont détruites chaque année ;

Leur destination civile :

  • Entre 60 et 70% (les estimations fluctuent quelque peu) des armes légères sont détenues par des civils.
  • Environ 25% des armes légères sont détenues par les forces armées conventionnelles ; moins de 5% par les forces de police et de maintien de l’ordre ;

Leur morbidité :

  • 300.000 personnes sont abattues par armes légères chaque année ; parmi lesquelles entre 60.000 et 90.000 victimes de conflits armés (ce qui en fait des « armes de destruction massive », selon Kofi Annan).

Sur ces chiffres, il faut également garder à l’esprit la particularité des armes légères. Celles-ci ont en effet différentes caractéristiques qui en font des instruments très répandus, intensivement utilisés et particulièrement nuisibles.

Nous reconnaissons le droit des États à se doter des équipements nécessaires à assurer leur sécurité extérieure et intérieure. Tout État institué détient le monopole de la violence légitime pour que, justement, ses ressortissants ne doivent pas en faire usage et vivre dans un état de peur constant.

Heureusement, dans nos pays, il existe des arbitres institués qui règlent nos conflits pacifiquement. Néanmoins, ce droit légitime des pays à assurer leur défense, consacré d’ailleurs par les Nations Unies, est trop souvent interprété de manière extensive et permet aux pays producteurs d’armement.

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