/ Lettre à Maxime Prévot /

Par la presse et par des contacts directs avec des personnes concernées, nous apprenons que l’expérience décentralisée menée par l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (plus connue sous le nom de région kurde du Rojava) est aujourd’hui au bord de l’effondrement. Des troupes syriennes de l’État, dirigées par l’ex leader d’Al-Qaïda Al Sharaa, combattent, avec le soutien de la Turquie et sous le regard des États Unis et de l’Europe, les structures autonomes et la population kurde.

Certaines de nos organisations ont envoyé en mars 2024 une délégation pour étudier cette expérience démocratique. Rappelons que ce sont les Kurdes qui ont repoussé l’État islamique, tout en mettant en place des initiatives visant à promouvoir l’écologie, la gouvernance décentralisée, la coexistence entre communautés et l’égalité entre hommes et femmes. Ce que nous avons observé n’était certes pas parfait, mais encourageant, et mérite absolument une chance de se maintenir.

Aujourd’hui, des communautés entières sont attaquées tandis que les milices kurdes tentent de se défendre. Des milliers d’anciens membres de l’État islamique ont été libérés et se livrent à des raids meurtriers. Ils traquent les Kurdes en général, et les femmes kurdes en particulier. Elles sont assassinées, maltraitées. À El Hasaké notamment, les tombes de résistants ayant combattu l’EI sont profanées et détruites. Des rumeurs indiquent que d’anciens combattants de l’EI recevraient des papiers d’identité syriens, leur permettant d’agir également ailleurs.

Nous estimons que le régime d’Al Sharaa révèle aujourd’hui son vrai visage et que tout soutien européen à son égard doit être retiré.

Nous appelons la Belgique et l’Union européenne à intervenir diplomatiquement afin de mettre un terme à cette guerre.

Nous demandons :
• que tout soit mis en œuvre pour mettre fin à la violence, et garantir la reprise des négociations ;
• que les droits des kurdes et de toutes les communautés syriennes soient respectés ;
• que la Turquie, Israël et d’autres puissances étrangères soient mises sous pression afin qu’elles mettent fin à leurs ambitions expansionnistes et leurs velléités d’ingérence en Syrie ;
• que des sanctions soient prises contre le régime syrien et les milices qui se rendent coupables de violations des droits humains, sans impacter les populations civiles.

Nous vous remercions de l’attention portée à cet appel urgent et restons à disposition pour tout échange complémentaire.

Signataires : CNAPD, Vrede, Climaxi et A Contre Courant

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