Il y a aujourd’hui 61 ans, Malcolm X était abattu de plusieurs balles alors qu’il prenait la parole à l’Organization of Afro-American Unity, à Harlem (New York). Des décennies plus tard, son nom résonne toujours comme un pilier des luttes antiracistes, anti-impérialistes, socialistes et panafricanistes.
Il demeure un symbole majeur de résistance dans une Amérique profondément marquée par l’esclavage et la ségrégation, mais aussi par la persistance de mouvements suprémacistes blancs, tels que le Ku Klux Klan. Né Malcolm Little, il hérite d’un nom issu de l’histoire de l’esclavage, qu’il choisit de rejeter pour dénoncer des siècles d’oppression infligés aux populations noires des États-Unis. En adoptant le « X », il refuse ce « nom d’esclave » et affirme l’effacement des noms de ses ancêtres, volés par l’histoire coloniale.
Figure majeure de la lutte afro-américaine contre le racisme et pour l’égalité des droits, Malcolm X continue à marquer les esprits et les luttes d’aujourd’hui. Son combat soulève aussi la question du rapport à la violence dans les milieux pacifistes. Il était en effet souvent critiqué pour ses positions fermes et confrontantes, et mis en opposition avec des figures de la résistance non-violente comme Martin Luther King. Bien que porteurs de messages similaires, leurs stratégies différaient : ce sont les mots de Martin Luther King qui ont le plus marqué la mémoire collective. Pourtant, les deux hommes connaîtront un destin similaire : ils sont assassinés à trois ans d’écart, tous deux juste avant d’atteindre 40 ans.
Commémorer Malcolm X aujourd’hui, c’est rappeler la force de ses combats, de ses valeurs, de sa radicalité et de sa résistance.
