Le temps s’accélère décidément à une vitesse vertigineuse. En cette fin janvier, on se souhaite encore sporadiquement une « bonne année », alors que les événements s’enchaînent de manière tellement frénétique et sidérante qu’on a l’impression que 2026 se termine déjà. 

Le 03 janvier, Donald Trump nous rappelait d’emblée que le système multilatéral et le droit international ne jouait même pas le rôle de caillou dans sa chaussure. Il kidnappait un président en exercice et sa femme, tuant au passage 80 personnes et n’entraînant aucune objection de la part de la Belgique et des autres Etats européens. Après tout, comme le rappelle Bart De Wever, nous sommes des « vassaux heureux »1 des Etats-Unis.

Dans la foulée, Trump rappelait son appétit pour d’autres Etats : la Colombie, le Mexique, Cuba ou… le Groenland, un territoire sous la souveraineté d’un pays allié, le Danemark, qui a toujours été jusqu’ici à l’avant-poste de l’atlantisme en Europe. Le deal est dans l’air : il est question désormais de céder des parties du territoire aux Etats-Unis. C’est sûrement le prix « de notre dignité », pour ne pas devenir des « esclaves misérables », pour continuer à paraphraser notre premier ministre.

Pendant ce temps, les crises de tous ordres s’enchaînent, se succèdent et se superposent. Elles commandent toujours – et plus que jamais – que les Etats de la planète se rencontrent, se parlent et prennent des décisions dans l’intérêt commun et partagé de tous les occupant·e·s de cette planète. 

Comme vis-à-vis de l’Iran où le premier mois de cette année a été le théâtre de manifestations populaires massives contre les politiques du gouvernement. En réponse, une répression féroce et sanguinaire des forces de sécurité iraniennes. A nouveau, la solution présentée ou épinglée chez nous2 à cette répression serait… une intervention militaire des Etats-Unis, qui manœuvrent dans cet objectif au large de l’Iran. Donald Trump, celui-là même qui ne cesse de montrer son mépris pour le système multilatéral, resterait le défenseur des droits et de la justice ? Le serpent n’aura décidément bientôt plus de queue à manger. Il y a, il doit y avoir d’autres solutions plus efficaces et plus pérennes, moins simplistes et moins unilatérales.

Malgré les apparences, Janvier n’est pas encore fini. La CNAPD vous souhaite donc encore une « bonne année ». Parmi ses vœux, une (re)prise de conscience urgente de la nécessité d’affronter les crises et les défis en commun, avec sincérité et décentrement. Le soutien au multilatéralisme est le rôle que jouait (un peu) la Belgique jusqu’à la fin du XXe siècle. Un rôle que notre pays devrait rapidement rejouer. Un rôle taillé pour son gabarit.   

  1.  https://www.rtbf.be/article/bart-de-wever-le-vassal-qui-ne-peut-plus-s-imaginer-heureux-11665296

  2.  Le propos n’est pas ici de discuter d’une potentielle revendication portée par la population iranienne elle-même ; mais bien de la constatation, dans l’espace public belge et européen, d’une articulation du discours autour, finalement, de cette seule possibilité.  

         

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