Depuis 2014, le 6 février est devenu une journée internationale de mémoire et de solidarité avec toutes les personnes décédées, disparues ou portées disparues aux frontières, souvent lors d’un parcours d’exil. 

Les frontières produisent des morts et des disparitions tout au long des routes migratoires, que ce soit par des naufrages en mer, des traversées du désert ou des refoulements sans assistance. La mémoire de ces personnes est trop souvent négligée par les États qui détiennent pourtant le pouvoir (et même le devoir) de protéger et d’accueillir. La journée de « CommémorAction » du 6 février a pour objectif de rendre visible les vies disparues à cause des frontières, dont pour la plupart nous ne connaissons ni le nom ni le visage et qui sont trop souvent réduites à des statistiques anonymes. Ces crimes commis au nom des frontières ne doivent pas être réduits à de simples données chiffrées, abstraites et incomplètes. 

Depuis les dernières décennies particulièrement, la violence des régimes frontaliers continue de tuer (directement et indirectement), notamment avec la militarisation croissante des frontières de l’Union européenne et avec le renforcement de Frontex. 

Et la violence ne s’arrête pas après les frontières franchies : ce sont ces mêmes États qui privent les personnes de titre de séjour, de papiers, après leur parcours migratoire. Qui les privent d’une vie digne. Ce sont les mêmes États qui raflent ces personnes dans les villes, qui les enferment dans les centres fermés, qui les expulsent hors du territoire. Le régime de mort aux frontières se poursuit donc à l’intérieur des territoires : nous pensons également aujourd’hui à toutes les personnes qui en sont victimes depuis l’intérieur.

Les frontières et les forteresses qu’elles créent sont mortelles. Le 6 février est l’occasion de rappeler que personne n’est illégal·le, et que l’être humain devrait pouvoir avoir le droit de circuler librement sur terre.

  • Pour en savoir plus, suivez les associations et collectifs belges qui luttent en soutien aux personnes en migration : la Voix des Sans-Papiers, Abolish Frontex Belgique, le réseau Alarm Phone, le CIRÉ, Getting the Voice Out, la coalition Move, Myria, la Plateforme Citoyenne de Soutien aux Réfugiés, SINGA Belgique, le Front Solidarité Migration du réseau ADES, …
  • Ce vendredi 6 février à 16h, rejoignez l’appel à la CommémorAction d’Abolish Frontex et d’Alarm Phone à la Bourse (Bruxelles) pour commémorer et lire ensemble les noms des personnes tuées par le régime-frontière de la forteresse-Europe
  •  Vendredi 13 février, participez à notre discussion avec Abolish Frontex pour parler des similarités entre ICE et Frontex, et de la militarisation des frontières (rendez-vous à 12h30 dans les locaux de la CNAPD, 6 rue de l’Éclipse à Bruxelles).

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