Malgré la décision de l’OCAM de ramener le niveau de menace terroriste de 3 (grave) à 2 (moyen), le gouvernement a décidé de maintenir les soldats dans les rues. Une décision qui constitue un pas important vers une normalisation de leur présence.

Soutenez la campagne « Rue sans soldats » en apposant une affiche à votre fenêtre, sur votre lieu de travail, dans votre voiture, etc.

Après l’attentat du 7 janvier 2015 à Paris, l’OCAM (l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace) a conseillé d’augmenter le seuil de menace au niveau 3 pour les institutions juives et les commissariats de police. Pour le reste du territoire, il a conseillé de maintenir le seuil de menace général au niveau 2. Ne suivant pas la proposition de l’Organe, le gouvernement a déclaré le niveau 3 applicable à l’ensemble du territoire sans distinction. Le 9 mars dernier, l’OCAM a décidé de ramener le niveau de menace de 3 à 2. Le gouvernement a pourtant décidé de maintenir les soldats dans la rue. Ceci constitue un pas important vers le maintien permanent de l’armée dans nos rues.
Nous nous opposons pour plusieurs raisons à la présence de l’armée dans nos rues.

1. Une mesure instaurant un climat de peur permanent.

La présence de soldats dans les rues a un impact énorme sur l’atmosphère sociale et accroît, pour une partie non négligeable de la population, le sentiment subjectif d’insécurité.

2. Une mesure inefficace.

La présence de l’armée dans les rues est loin d’être une nécessité absolue pour prévenir d’éventuelles attaques terroristes. Par définition, les soldats sont habilités à répondre à une attaque, pas à réagir à une situation problématique. Les soldats ne sont ni formés ni destinés à garantir l’ordre public intérieur. Voilà qui limite drastiquement l’efficacité de leur présence. Et, plus largement, le recours à ce type de mesure inquiétante, légalement discutable (sur l’aspect de la légalité, voir l’argumentation sur le site www.progresslaw.net) et extrêmement chère n’a jamais démontré son efficacité.

3. Une mesure pouvant être utilisée contre des actions politiques et sociales

Et si cette mesure exceptionnelle devenait la norme ? Les déclarations récentes du ministre de l’Intérieur concernant la possibilité de recours à l’armée dans le cadre de missions de protection – missions dévolue traditionnellement à la police – va dans ce sens. Tout comme le souhait du bourgmestre d’Anvers de faire intervenir l’armée, en 2014, suite à une action de forains. Si la présence de l’armée dans les rues se normalisait, on pourrait légitimement craindre qu’il soit fait appel à l’armée durant des moments de tension sociale ou politique pour contrer les mouvements sociaux.

Assez de raisons de s’inquiéter et de s’insurger contre la présence de l’armée dans nos rues. Soutenez la campagne «Rue sans soldats», mettez une affiche à votre fenêtre, sur votre voiture, sur votre lieu de travail… (A télécharger sur www.progresslaw.net)

Ce n’est pas tout…

L’ensemble des 12 mesures prises par le gouvernement est critiquable

La présence de l’armée dans les rues constitue sans doute la mesure la plus visible.Cependant, elle fait partie d’un ensemble de 12 mesures pour lutter contre le radicalisme et le terrorisme, que le gouvernement a adopté suite à l’attentat à Paris et aux évènements à Verviers. L’ensemble de ces mesures est critiquable. Vous trouverez une argumentation détaillée sur le site de la Ligue des Droits de l’Homme www.liguedh.be.

Samuel Legros

Samuel Legros

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