Ce samedi 7 février, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Bruxelles  à l’appel de Cubanismo.be, de la Coordination pour la levée du blocus contre Cuba, de la CNAPD, d’Intal et de la Coordinadora latinoamericana contre l’étranglement économique de Cuba par les États-Unis. Les manifestants dénonçaient également l’attitude de la Belgique, qui a annoncé vouloir fermer son ambassade à La Havane, tout en gardant le silence sur le renforcement des sanctions étatsuniennes, dont un embargo pétrolier qui préfigure une crise humanitaire sans précédent.

Voici le discours qu’y a prononcé notre coprésident Gregory Mauzé :

“Depuis six décennies, les États-Unis d’Amérique ont fait de leur politique cubaine un symbole : celui du sort réservé à celles et ceux qui ont le malheur de chercher à s’émanciper de la tutelle néocoloniale. Aujourd’hui, le peuple cubain fait face à la plus grave crise de son histoire récente. Aux effets conjugués du blocus illégal et criminel s’ajoutent les dizaines de sanctions décrétées par Donald Trump lors de son premier mandat, maintenues par Biden, et désormais les menaces envers quiconque approvisionnerait l’île en pétrole.

Malades du cancer forcés d’interrompre leur traitement, enfant diabétique privé de leur insuline et condamné à une mort lente, jeunesse dépourvue d’avenir devant l’asphyxie financière du pays… Autant de témoignages de la barbarie et de la cruauté à laquelle l’empire étatsunien se livre pour parvenir à ses objectifs de domination. Ce désastre humain devrait, au-delà de l’urgence humanitaire immédiate, révolter quiconque accorde encore une importance à la Charte de l’ONU et à l’égalité souveraine des Nations.

Pourtant, le silence à ce sujet de notre ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot, qu’on a pu voir s’indigner en d’autres occasions, est assourdissant. Pire, la volonté du gouvernement fédéral de fermer son ambassade à La Havane, officiellement pour des motifs budgétaires, témoigne d’une vision étriquée de la coopération internationale et de l’action de la Belgique à l’étranger, désormais réduit aux gains à court terme.

Ce projet donne implicitement raison au super-prédateur étatsunien, puisqu’il contribue à tourner le dos au multilatéralisme auquel la diplomatie belge se prétend attachée.

La Belgique doit revenir instamment sur cet inquiétant signal pour la solidarité et l’amitié entre les peuples, et renforcer sa coopération avec Cuba dans ce moment critique. Le peuple cubain ne demande pas la charité, mais simplement la levée des barrières à son droit de choisir son propre modèle de développement.

 Mes derniers mots seront adressés à nous toutes et tous. Il faut être lucide : à l’heure où l’impérialisme étatsunien montre son vrai visage aux quatre coins du globe, nous ne sommes pas encore parvenus à traduire la colère et l’indignation en force de changement. Il est par conséquent de notre responsabilité et de notre devoir de trouver les mots et les alliances susceptibles de dépasser le cercle des convaincus.

En particulier, nous devons transformer l’extraordinaire mouvement de solidarité avec le peuple palestinien en l’étendant aux autres victimes de la barbarie impériale. Après tout, Gaza comme Cuba font, chacun dans leur contexte spécifique, office de canaris dans la mine de l’ordre international. Il nous appartient dès lors de faire résonner « Cuba si, bloqueo no » avec la même force que « Free palestine » comme cri de ralliement contre les injustices mondiales. “

Grégory Mauz, co-président de la CNAPD

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