Tout premier Premier ministre du Congo, Patrice Lumumba est assassiné avec ses collaborateurs Joseph Okito et Maurice Mpolo le 17 janvier 1961. Commémorer sa mort chaque année, c’est se souvenir du courage et de la détermination d’un homme qui désirait un monde plus juste. Il n’attendait pas, il n’espérait pas, il était un homme d’action, de la trempe qui s’engage.
Contre lui, la répression du pouvoir colonial belge a tenté la délégitimation, la corruption, la prison. Son idéal politique n’a pas dévié : sortir de la colonisation, gagner l’indépendance, organiser un État qui travaillerait au bénéfice de tous les Congolais. Quand il a fait ses remontrances au symbole du pouvoir colonial, en la personne du roi, il a tendu la main de la coopération et de la construction d’un avenir commun.
Décidément, c’était trop pour les intérêts occidentaux, ceux d’un capitalisme sans limite. Ligués contre son action d’émancipation et d’unité, ils ont appuyé ses ennemis politiques pour faire disparaître « par tous les moyens », « neutraliser définitivement » celui qui menaçait la perpétuation de la domination.
La Commission d’enquête parlementaire a rendu ses conclusions en 2001, pourtant matinées de prudence politique : l’État belge, par l’action de certaines de ses instances, est complice de son assassinat. Il a transgressé le droit international et exerce une « responsabilité morale » du crime. C’est notre histoire. Une histoire qui engage une responsabilité collective.
Pourtant, en 2023, il n’y a pas eu de majorité parlementaire pour endosser les conclusions d’une seconde commission d’enquête à propos des responsabilités de la Belgique au Congo. Le sabotage de la vérité historique a empêché de réaliser un chemin de réconciliation au départ d’excuses officielles.
Célébrer l’action de Patrice Lumumba, c’est faire vivre des idées qui ont une portée universelle, des idées qui racontent la dignité, l’espérance, , la commune humanité, l’action politique pour l’égalité et la liberté.
