Pour la CNAPD, l’invasion criminelle du Venezuela et l’enlèvement de son président en exercice par l’administration étastunienne s’inscrit dans une tendance alarmante à la disparition des dernières barrières à la seule loi du plus fort. Elle nous éloigne un peu plus de l’utopie d’un monde de paix basée sur le droit et la justice, au cœur du combat que nous portons.
Bien sur, l’impérialisme n’est pas un phénomène nouveau. Il est même la norme pour les peuples d’Amérique latine, dont le droit à l’auto-détermination s’est toujours arrêté là ou commençait les intérêts du grand capital nord-américain. Ce qui est nouveau, en revanche, c’est que cet impérialisme est désormais assumé sans fards, sans s’embarrasser outre-mesure de prétextes sécuritaires ou relatifs aux droits humains. « nous voulons récupérer notre pétrole », a osé déclaré Donald Trump. Mais les ressources naturelles du Venezuela appartiennent à son peuple, et à personne d’autre, comme lui appartient à lui seul le choix de ses alliances et de son modèle de développement.
Ce qui se joue ici n’est pas seulement l’avenir d’un peuple victime une fois de plus de l’impérialisme yankee. En s’abstenant de condamner clairement l’attitude de gangster des Etats-Unis d’Amérique, voire en s’en félicitant, nos dirigeants européens, en plus de nous couvrir de honte, font de nous les complices de la disparition du droit international sous l’effet des doubles-standards de l’Occident. Comment, en effet, rester crédible lorsque l’on condamne les violations de la charte de l’ONU commises par Moscou en Ukraine, mais que nous apportons dans le meme temps un soutien complice à ces mêmes violations commises par Washington au Venezuela, de la même manière que nous avons cautionné les bombardements tout aussi illégaux de l’Iran ou le génocide contre les Palestiniens de Gaza? Quant aux piteuses déclarations d’un pays comme la Belgique, se réjouissant du changement de régime tout en déplorant à demi-mot l’intervention en elle-même, elles sont tout aussi attentatoires au principe de non-ingérence prévu par la charte de l’ONU, aussi légitimes que soient les débats sur les droits et libertés démocratiques au Venezuela.
Nous sommes aujourd’hui à un point de bascule. Plus que jamais, la Belgique et l’Union européenne sont à la croisée des chemins. Soit la poursuite de la vassalisation au super-prédateur étatsunien, pour espérer être autorisé à grappiller les miettes de ses pillage néocoloniaux. soit la voie du multilatéralisme, de l’indépendance stratégique, du développement partagé et du respect de la souveraineté des peuples.
Restons mobilisés pour exiger de nos gouvernants qu’ils fassent le bon choix.
Grégory Mauzé, co-président de la CNAPD
