Aujourd’hui, le monde évolue dans une direction inquiétante. La force du droit, le droit international, la diplomatie, la coopération entre pays, est remplacé par le droit du plus fort. Les principes censés garantir la paix sont sérieusement menacés, au profit de l’accaparement du pétrole, qui garantit plus de pouvoir à des acteurs dangereux.
Il y a dix jours, l’administration Trump a lancé une attaque militaire contre le Venezuela et a fait enlever son président en exercice. Il s’agit d’une violation grave des règles internationales : aucun pays n’a le droit d’attaquer un autre État ni de s’ingérer de cette manière dans ses affaires. Peu importe ce que l’on pense du gouvernement vénézuélien, ces actes sont inacceptables et ne peuvent pas être minimisés.
Face à cette situation, la réaction de la Belgique et de l’Union européenne est profondément préoccupante. Trois jours après l’attaque, le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot, rencontrait à Washington le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Pourtant, aucune prise de distance claire n’a été exprimée face à cette attaque, ni face à l’idée, avancée par l’administration Trump, de vouloir « gouverner » un autre pays souverain, et certainement pas pour y apporter démocratie, respect des droits humains, ou la paix, mais pour piller ses ressources.
En gardant le silence ou en tenant des propos flous, incohérents, la Belgique et l’Union européenne affaiblissent les règles internationales qu’elles sont censées défendre. Elles laissent s’installer un monde où enlever un chef d’État ou imposer un changement de régime devient acceptable. C’est un précédent extrêmement dangereux, un précédent dont jusqu’ici, par notre manque d’action, nous nous rendons complice.
Cette situation nous concerne directement. Dans un monde où la loi du plus fort domine, aucun pays n’est réellement protégé, pas même en Europe. Le président Trump lui-même a expliqué que cette attaque contre le Venezuela faisait partie d’une stratégie plus large, visant d’autres pays, allant jusqu’à mentionner le territoire d’un État membre de l’OTAN.
La Belgique et l’Union européenne se trouvent aujourd’hui à un moment décisif. Soit, elles acceptent de se soumettre à des logiques de domination et de rapports de force, soit elles choisissent de défendre clairement la paix, la coopération entre les peuples et le respect strict du droit international et de la Charte des Nations Unies.
Maxime Prévot, il est urgent de prendre une position claire et courageuse. La Belgique ne peut pas se contenter du silence ou de l’ambiguïté. Nous ne sommes pas aux ordres de Donald Trump. Les citoyennes et les citoyens de ce pays attendent une parole ferme, responsable et fidèle aux valeurs du droit international.
Giulia Contes, co-présidente de la CNAPD
