A la fin du mois de juin 2025, le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés comptabilisait 42.5 millions de personnes réfugiées dans le monde. A ce nombre, il faut ajouter les 8.42 millions de personnes demandeuses d’asiles et les 4.4 millions de personnes en situation d’apatridie qui sont les personnes qui ne possèdent pas de nationalité parce qu’elles s’en sont vu refuser l’octroi.

1. La Convention de Genève de 1951, fondement du droit d’asile contemporain.

 Le droit d’asile tel qu’on le connait aujourd’hui est principalement régit par la « Convention de Genève » de 1951 qui fête cette année ses 75 ans. C’est un traité international qui comptabilise 146 États parties. 

 Le statut de réfugié est reconnu à toute personne : « qui, par suite d’événements survenus avant le 1er janvier 1951 et craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner ».

 La définition juridique du statut de réfugié n’inclut pas celles et ceux qu’on qualifie de réfugié.es climatiques. Ces dernier.es ne bénéficient pas de la protection juridique accorée aux personnes réfugiées.

 Au-delà des statistiques et des textes juridiques, ce sont des vies humaines qui sont bouleversées par la nécessité de fuir des persécutions. Les personnes réfugiées font preuve de force, de courage et de ténacité dans leurs parcours pour obtenir l’asile puis pour s’intégrer dans la société qui les accueille lorsqu’elles obtiennent ce statut.

2. Le durcissement et la militarisation de la politique européenne aux frontières extérieures met en danger les demandeur·euse·s d’asile et les personnes migrantes.

 Les accords de Schengen en 1995 instaurent des mesures qui empêchent les personnes qui veulent déposer une demande d’asile sur le sol européen d’embarquer légalement dans un avion, un bateau ou un bus pour pouvoir effectuer ladite demande à leur arrivée. Les politiques européennes aux frontières contraignent les demandeur.euse.s d’asiles à recourir à des moyens illégaux et dangereux pour leur vie afin de demander l’asile sur le sol européen.

L’article 31 de la Convention de Genève interdit aux Etats d’appliquer des sanctions pénales pour l’entrée illégale sur le territoire national des personnes réfugiées, sous réserve que ces dernières se présentent aux autorités exposent des raisons reconnues valables de leur entrée ou présence irrégulières.

 La politique de militarisation des frontières extérieures d’une Union européenne qui se veut être une véritable forteresse, n’est pas sans conséquence pour la vie des demandeur·euse·s d’asile. L’agence européenne des gardes-frontières et des gardes côtes « Frontex » a été accusée de participer à des « pushbacks ». Il s’agit de repousser des navires de migrant·e·s lorsqu’ils entrent dans les eaux territoriales d’un État vers une autre juridiction : eaux internationales ou eaux territoriales d’un autre État. Les gardes-côtes de l’agence sont accusés d’avoir constaté des pratiques de « pushbacks » sans les dénoncer et d’avoir pris part à ces dernières. La pratique des « pushbacks » peut être juridiquement qualifiée comme étant un refoulement : fait d’expulser ou de refouler un réfugié vers les frontières d’un territoire ou sa vie est en danger. C’est illégal au regard de l’article 33 de la Convention de Genève.

L’article 33 de la Convention de Genève interdit explicitement les expulsions et les refoulements de personnes réfugiées sur les frontières des territoires où leurs vies ou leurs libertés seraient menacées sauf en cas de menaces pour la sécurité et l’ordre public.

 Une fois arrivées sur le territoire européen, les personnes demandant l’asile sont confrontées à la nécessité de prouver qu’elles risquent – « à raison » – des persécutions dans le pays dans lequel elles vivaient. La nécessité de la preuve s’accompagne d’une mise en récit sur le registre de la justification. Au temps que prennent ces démarches, s’ajoute l’angoisse de se voir refuser le statut de réfugié et de se faire expulser. 

 Avec la montée en puissance des discours xénophobes qui témoignent d’une hostilité à l’égard de toutes les personnes migrantes – qu’elles soient demandeuses d’asiles ou non – et avec l’entrée en vigueur, le 12 juin 2026, du Pacte européen pour l’asile et la migration qui affaibli les droits fondamentaux des demandeur·euses d’asile, il est nécessaire de rappeler que chaque Être humain a le droit d’être protégé des dangers liés à la persécution et à l’apatridie ; tout en soulignant que la politique aux frontières extérieures de l’union européenne a un caractère raciste, que la militarisation des frontières tue et que l’existence de frontières extérieures totalement hermétiques est un fantasme. 

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