Il y a 35 ans, les États-Unis et l’URSS signaient le traité START (Strategic arms reduction treaty), premier accord de l’histoire à imposer une réduction réelle et vérifiable des arsenaux nucléaires stratégiques.
Ce jour-là, dans un contexte de guerre froide, les deux puissances prouvaient que la course à l’armement n’était pas le seul choix possible. La paix se forge par les traités et les accords internationaux, plutôt que par la force. Au plus fort de la guerre froide, Washington et Moscou cumulaient ensemble plus de 70 000 ogives nucléaires. Le traité START a marqué le début d’un processus de réduction des arsenaux nucléaires qui, avec les accords ultérieurs, a conduit à une diminution d’environ 80% des arsenaux nucléaires stratégiques des États-Unis et de la Russie par rapport aux niveaux de la guerre froide.
Entré en vigueur le 5 décembre 1994 pour une durée de quinze ans, le traité START expire fin-2009. Il est remplacé, en 2010, par le traité New START, qui vient de prendre fin le 5 février dernier. Neuf pays possèdent aujourd’hui environ 12 000 têtes nucléaires dans le monde, dont près de 86% rien que pour les États-Unis et la Russie. Sans le New START, plus aucun accord international ne limite ces arsenaux : c’est une première depuis les années 1970. Selon les scientifiques et expert·es de l’association Bulletin of the Atomic Scientists, la fin du New START a mis fin à « près de 60 ans d’efforts visant à limiter la concurrence nucléaire entre les deux plus grandes puissances nucléaires du monde ».
Aujourd’hui, les traités de désarmement s’effritent un à un et le danger nucléaire augmente sans cesse. L’occasion de rappeler que le désarmement n’est pas une utopie naïve et lointaine, mais une victoire politique déjà obtenue, et donc possible à nouveau.
Les armes nucléaires ne garantissent pas notre sécurité : au contraire, elles nous mettent en danger.
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