Scan des banques belges 2025 par Financité et FairFin

Quand on choisit sa banque et qu’on place son argent sur un compte épargne, ce n’est pas toujours très clair à quoi il va servir. Loin de dormir simplement dans un coffre-fort physique ou virtuel, cet argent est réinvesti par les banques dans différents secteurs de l’économie. Et un des secteurs qui est aujourd’hui très intéressant pour les banques, c’est l’industrie de l’armement.

La hausse des dépenses militaires en Europe et les tensions géopolitiques ont renforcé la demande pour les entreprises de défense, qui disposent souvent de contrats importants et stables. Pour les banques, cela se traduit par des opportunités de financement et d’investissement jugées solides. Résultat ? En Belgique, cela se traduit par un retour ou un maintien des investissements de certaines grandes banques dans l’industrie de la défense, y compris dans des entreprises liées à l’armement. 

Ce qui nous amène à des questions que nous devons toustes nous poser : comment ma banque utilise-t-elle l’argent que je place chez elle ? Est-ce que mon argent sert à financer l’armement ?

On partage avec vous quelques constats tirés par les associations Financité et FairFin dans leur dernier « Scan 2025 des banques opérant en Belgique » ! L’étude montre un écart de plus en plus grand entre les banques dites « durables » et les grandes banques traditionnelles. De plus, certaines banques ont assoupli leurs politiques ces dernières années, notamment concernant les armes.

Score général ?

Vdk banque et Triodos sont les banques les mieux classées et les seules à dépasser la note de 8/10. Le fossé entre les grandes banques et les banques qui se qualifient explicitement de durables se creuse. Même la grande banque la mieux classée, KBC, reste plus de 2 points derrière les acteurs durables que sont Triodos Bank et vdk banque.

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Comment le score est-il calculé ?

« Pour établir le Scan des banques, nous examinons presque exclusivement la politique d’investissement d’une banque, c’est-à-dire les conditions que la banque s’impose à elle-même. »

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« Nous vérifions leur politique sur 10 thèmes, chacun d’entre eux contribuant à la note globale de la banque. Il est donc possible qu’une banque n’ayant pas formalisé une politique d’investissement ait un mauvais score alors qu’une banque qui a établi des règles précises en la matière obtient un score supérieur alors qu’elle ne les respecte pas nécessairement. »

(Financité – Scan des banques 2025)

En résumé ?

De manière générale, la tendance actuelle montre un assouplissement progressif des politiques des banques en Belgique en matière d’armement (notamment nucléaire).

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On vous partage les détails du score de chaque banque !

ING (6/10) : une approche insuffisante

« ING exclut le financement direct des transactions d’armes où il y a risque de violation des droits humains, ou de prolongation de conflits armés. Pour les autres financements – comme les investissements dans les mêmes entreprises via la gestion de patrimoine – la politique est beaucoup plus souple : il n’y a pas suffisamment de politique sur l’exclusion des entreprises qui livreraient des armes contribuant aux violations des droits humains, au double usage, aux régimes corrompus, aux régimes militaristes, aux zones de conflit.

ING exclut la plupart des armes controversées, à l’exception des armes automatisées et des armes incendiaires (seul le phosphore blanc est exclu). La banque n’a pas de politique concernant les livraisons d’armes aux États fragiles ou militaristes. »

(Financité – Scan des banques 2025)

Belfius (5.6/10) : encadrement partiel et ouverture aux armes nucléaires

« La banque suit la législation belge en n’investissant pas dans des armes controversées, comme les armes à sous-munitions, les mines antipersonnel, les armes biologiques et chimiques. Elle n’a pas de politique sur les armes automatisées. Pour les armes nucléaires, par contre, Belfius a ouvert la porte depuis la dernière analyse. Elle autorise les investissements dans les entreprises dont le siège social se trouve dans des pays de l’OTAN.

Belfius limite ses investissements dans les entreprises d’armement aux pays de l’OTAN. De plus, la banque a développé des critères pour surveiller le financement de transactions d’armes spécifiques. Les livraisons à des parties impliquées dans des violations des droits humains peuvent mener à une exclusion. Cela ne concerne cependant que le financement des transactions d’armes. Pour les autres financements – comme d’autres crédits aux mêmes entreprises ou les investissements via la gestion de patrimoine – il n’y a pas de politique. »

(Financité – Scan des banques 2025)

BNP Paribas (4.7/10) : la politique la plus critiquée

« BNP Paribas suit la législation belge en n’investissant pas dans des armes controversées, comme les armes à sous-munitions, les mines antipersonnel, les armes biologiques et chimiques. L’institution n’a cependant pas de politique concernant les armes incendiaires ou les armes automatisées. Elle n’impose pas non plus de restriction sur la livraison d’armes aux pays fragiles ou militaristes.

Le financement direct des transactions d’armes où il y a risque de violation des droits humains est exclu. Concernant les autres financements – comme les crédits aux mêmes entreprises, ou les investissements via la gestion de patrimoine – il n’y a pratiquement pas de politique. »

(Financité – Scan des banques 2025)

Argenta (6/10) : le retour vers l’armement

« Argenta a assoupli sa politique en matière d’armes par rapport à l’analyse précédente. Là où Argenta excluait encore l’année dernière tous les investissements dans les armes, la banque a entre-temps rouvert la porte, certes sous des conditions strictes. Ainsi, Argenta refuse toujours d’investir dans des armes controversées telles que les armes à sous-munitions, les mines antipersonnel et les armes biologiques ou chimiques. Le financement des armes automatisées et des applications à double usage, comme les drones et les logiciels militaires, est cependant à nouveau possible.

La banque pourrait établir des conditions plus strictes sur l’exclusion des entreprises qui approvisionnent des pays corrompus ou militaristes. »

(Financité – Scan des banques 2025)

KBC (6/10) :

« KBC exclut certaines armes controversées entièrement, comme les armes à sous-munitions, les mines antipersonnel, les armes biologiques et chimiques. La banque n’a cependant pas de politique d’exclusion sur les armes incendiaires (comme les bombes incendiaires) ou les armes automatisées (comme les drones armés). De plus, KBC a à nouveau ouvert la porte aux armes nucléaires produites dans les pays de l’OTAN.

KBC conditionne le financement des entreprises d’armement à son lieu de production et à ses marchés : 80% de ses recettes en armes doit provenir de livraisons à l’armée et à la police dans les pays de l’OTAN (ou utilisation finale en Autriche, Suisse, Irlande, Ukraine) et son siège social ou ses activités doivent se situer dans un pays où KBC est active (Belgique, Bulgarie, République tchèque, Hongrie, Slovaquie). »

(Financité – Scan des banques 2025)

Crelan (4.5/10) et Beobank (4.3/10) : quelques engagements, mais peu d’informations

« Crelan exclut le financement des armes controversées ainsi que la plupart des armes de guerre. Le groupe devrait préciser sa politique en matière d’approvisionnement des pays qui ne respectent pas les droits humains ou le droit humanitaire.

Beobank s’interdit formellement d’apporter des services bancaires et financiers dont le sous-jacent serait lié à la production de la plupart des armes. Le groupe devrait également interdire la fourniture de matériel militaire à des pays qui violent gravement les droits humains. »

(Financité – Scan des banques 2025)

Les alternatives ? Triodos (10/10) et Vdk (9.7/10)

« Triodos refuse les investissements dans et le financement d’entreprises qui fabriquent ou commercialisent des armes, tant ordinaires que controversées. Les entreprises qui fabriquent des produits à double usage (pouvant être utilisés à des fins civiles et militaires) sont examinées avec soin et exclues si ces produits pourraient contribuer à la violence contre les personnes ou les animaux. Les systèmes d’armes autonomes comme les drones sont également entièrement exclus.

Vdk banque applique une politique de tolérance zéro en ce qui concerne la production et le commerce des armes. La banque peut encore améliorer son score en renforçant sa politique de gestion de patrimoine autour des armes automatisées, des armes incendiaires et du double usage. »

(Financité – Scan des banques 2025)

Alors, quelle est la politique de ta banque en matière d’armement ?

Tu veux en savoir plus ? Tu veux explorer l’analyse détaillée de ta banque, ou alors l’analyse détaillée pour les secteurs autres que celui de l’armement ?

Rendez-vous sur financite.be/scan-des-banques

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