Il y a aujourd’hui 58 ans, le 1er juillet 1968, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) a été simultanément signé à Londres, Moscou et Washington. Ce jour-là, des dizaines de nations posaient au sein des Nations Unies les fondations de ce qui demeure, encore aujourd’hui, la pierre angulaire de l’architecture de sécurité internationale en matière d’armement nucléaire.
Un pas vers le désarmement nucléaire mondial ?
Né dans le contexte tendu de la Guerre froide, à une époque où l’humanité venait de prendre la mesure du pouvoir de destruction que représentait l’arme atomique, le TNP repose sur trois piliers interdépendants. Les États non dotés d’armes nucléaires se sont engagés à ne pas développer ni acquérir d’armes nucléaires. En échange, les États dotés d’armes nucléaires ont promis de négocier de bonne foi pour mettre fin à la course aux armements nucléaires, et d’œuvrer au désarmement en vue de parvenir, à terme, à un désarmement nucléaire général et complet. Et tous les États parties au TNP ont le droit à l’énergie nucléaire à des fins civiles et pacifiques.
Près de 190 États ont depuis adhéré au TNP, faisant du lui l’un des traités les plus universellement ratifiés de l’histoire.
Un bilan fragile et mitigé
58 ans après sa signature, le TNP n’a finalement garanti ni la non-prolifération, ni le désarmement atomique. « L’équilibre » entre puissances nucléaires reste fragile : les tensions géopolitiques actuelles, les crises de prolifération non résolues et le réarmement mondial nous rappellent que rien n’est acquis.
Le TNP traverse une crise profonde, affichant un décalage croissant entre les engagements pris et la réalité : les États dotés d’armes nucléaires augmentent leurs budgets et modernisent leurs arsenaux au lieu de désarmer, tandis que le régime de désarmement multilatéral s’effondre. S’ajoutent à cela des menaces nucléaires de plus en plus explicites, ainsi qu’une application jugée à deux vitesses du traité (par exemple l’Iran, membre du TNP, a été bombardé pour son programme nucléaire contesté, alors qu’Israël, doté de l’arme nucléaire mais non-signataire, n’est pas sanctionné).
Cette accumulation d’incohérences et d’hypocrisies fait craindre pour l’avenir et la survie du TNP.
Ce jour anniversaire est l’occasion de réaffirmer notre soutien au TNP, et notre conviction qu’aucune sécurité durable ne peut se construire sur la menace de l’anéantissement mutuel.
Un monde sans armes nucléaires est non seulement possible, mais également urgent et nécessaire.

