Se poser sur la dure, écouter les oiseaux, boire l’eau fraîche de la source.
La guerre ravage les corps, les liens, les âmes. La guerre ravage les forêts et l’eau. La guerre décidée par quelque monstre détruit ce que notre humanité est de plus intime et qu’elle partage avec d’autres, la vie. La tendance, puissante, est à la banalisation de la guerre, certains la naturalisent pour la justifier. Il est tellement facile de détruire, de nourrir la peur de l’autre, de savonner la pente glissante. De brûler la forêt, le sol, d’assécher. Il y a finalement quelque chose de similaire entre la coupe à blanc, l’action délétère des pesticides et le missile hypersonique. Ce doit être la pensée courte, simplificatrice, qui adore l’efficacité et la performance, qui nie ce qui est complexe, lentement construit, rare et fragile. Qui s’attribue le trophée et socialise les emmerdes.
C’est donc nous-mêmes que nous détruisons.
Et bien qu’ils porteront les stigmates de ces folies, les éléments naturels reconfigureront d’autres équilibres, d’autres systèmes qui permettront d’autres formes de vie.
Plus tard, sans doute. Sans aucun doute. Ce n’est pas la planète qu’il s’agit de sauver…
Là et maintenant, c’est avec les sujets vivants, les sœurs et frères humains, la science et l’intelligence que nous devons célébrer les forêts et l’eau qui autorisent notre vie. Contre le glissement vers le fascisme, ses avatars ou ses larbins qui extraient, pillent, ruinent, tuent. Ces journées devraient être tous les jours. Elles permettent de se poser et de penser qui nous sommes. A quoi devons-nous désobéir pour obéir et respecter ce que nous sommes fondamentalement ? N’être plus à genoux devant le tyran.
Il va falloir penser une écologie en commun. Pas parce que « c’est joli le chant des oiseaux ! », ni « parce que c’est doux un loup ! ». Mais parce que tout simplement, ce sont les conditions nécessaires à notre vie, la vie des êtres humains, celle des femmes et des hommes. Celles de nos enfants (qui, comme nous d’ailleurs, n’ont pas demandé à être là).
Ces cycles de l’eau et de l’humus pourraient être entièrement reconnus comme des biens communs, partagés par les vivants. Nous prendrions soin de nous-mêmes en les plaçant sous la responsabilité publique, comme le suggère Le forum mondial de l’eau, la coopération à grande échelle, celle de l’interdépendance par l’eau. Nous prendrions soin à d’autres échelles plus proches, en faisant foisonner les communs qui créent du lien, permettent de vivre là où on habite.
Ne pas réguler l’eau et la forêt, ne pas tout mettre d’équerre, au gabarit. Mais plutôt réguler, soigner nous-mêmes, avec joie. Prévenir par l’art, la culture, les apprentissages, la loi et (re-)faire en sorte que la qualité des humains appuie la loi, celle des usages justes et égaux. Punaise, contre la désertification, investissons là où on entrevoit de l’avenir.
Non les forêts auxquelles nous appartenons, non l’eau que nous sommes, ne sont pas « le marché », créature artificielle contenue par la contrainte et la menace des armes. Les règles, -nomoï de l’économie, qui se conforment à la science et la connaissance, le -logos de l’écosystème partagé. Décider de n’être pas la logique du profit n’est pas folie. Cette sagesse résistera à toutes les folies de la guerre. A l’instar de l’eau et des forêts.
Voilà. C’est confus, comme un bel écosystème. Et c’est aujourd’hui que nous pensons un peu à nous quand on se voue à penser la beauté de l’eau et de la forêt. Décidément, la guerre, quelle connerie !
Journée mondiale de l’eau, le 22 mars : https://www.un.org/fr/observances/water-day/background
Conseil mondial de l’eau : https://www.worldwatercouncil.org/fr/
Journée mondiale des forêts, le 21 mars : https://www.fao.org/international-day-of-forests/fr
En Belgique, par exemple, partir d’ici : https://www.canopea.be/nos-analyses/
Etude participative sur les communs bruxellois ?file:///C:/Users/Mediamonster/Downloads/BXLSENV1_2320_Etude%20communs%20FR-def%20WEB.pdf
