Au début du 20e siècle, en Belgique, la démocratie a un goût d’inachevé. Les urnes et les élections existent… pourtant, la moitié de la population en est exclue. Les femmes travaillent, élèvent, soignent, mais leur contribution à la société demeure invisibilisée. Elles n’ont pas leur mot à dire.

Depuis la fin du 19e  siècle, cette injustice est de plus en plus contestée. Des mouvements féministes s’organisent, revendiquent et manifestent. Ils dénoncent un système qui impose des devoirs sans accorder de droits et réclament l’accès à la citoyenneté politique. Ces luttes, parfois ignorées ou minimisées, préparent le terrain des avancées à venir.

La Première Guerre mondiale marque un tournant. Les hommes sont au front, et ce sont les femmes qui assurent la continuité du pays, en travaillant dans les usines, les hôpitaux ou encore les services publics. Leur rôle devient visible et incontournable.

Mais les résistances restent fortes : certains craignent qu’en leur donnant le droit de vote, elles ne suivent « docilement » des consignes extérieures. Une manière de nier leur capacité de jugement et de maintenir leur exclusion…

Les premières avancées qui suivent le conflit restent limitées :

  • En 1919, un droit de vote partiel est accordé aux veuves et mères de guerre (il ne s’agit ici que d’une voix par procuration, celle de leur mari ou de leur fils décédé), ainsi qu’aux femmes emprisonnées pour motifs politiques. 
  • En 1920, les femmes (enfin presque toutes, car en sont exclues les prostituées et les femmes adultères) obtiennent le droit de vote aux élections communales. Elles deviennent également éligibles aux fonctions parlementaires. 

Si ces progrès sont réels, ils restent incomplets. Il faut attendre la sortie de la Seconde Guerre mondiale pour que le rôle des femmes dans la société soit pleinement affirmé… et reconnu. Une fois de plus, ce sont elles qui ont fait fonctionner le pays et, à la fin du conflit, l’idée du suffrage universel féminin s’impose. D’autres priorités politiques en retardent la mise en œuvre : il sera finalement adopté le 27 mars 1948. En 1949, pour la première fois, toutes les femmes belges peuvent participer aux élections législatives.

Aujourd’hui, le droit de vote est acquis, mais l’égalité politique reste un objectif à atteindre. Certaines mesures ont été adoptées, comme les règles de parité sur les listes électorales ou des mécanismes favorisant une représentation plus équilibrée. Pourtant, les femmes restent moins nombreuses dans les instances de pouvoir et accèdent plus difficilement aux fonctions les plus influentes.

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