Ce 24 mars, nous commémorons les 34 ans de la signature du Traité « Ciel ouvert », entre les pays membres de l’OTAN et ceux de l’ancien Pacte de Varsovie (Russie, Biélorussie, Ukraine, etc). Un Traité malheureusement vidé de sa substance depuis que les Etats-Unis de Donald Trump s’en sont retirés en 2020, précipitant le retrait de la Russie. 

Quand on observe le discours public, l’impression générale qui s’en dégage laisse penser que l’alpha et l’omega des politiques de sécurité de nos pays se résument, finalement, à faire de la gonflette et à bander ses muscles. « Les pacifistes, ce sont des naïf·ve·s. Des bisounours complètement déconnectés de la brutalité du monde. Si on veut la paix, il faut préparer la guerre ». Point barre. Or, est-ce que cette posture a rendu et rend notre monde plus sûr et plus stable ? Non. Cette logique, poussée à son paroxysme, a permis le développement de milliers d’ogives nucléaires capables de détruire plusieurs fois notre planète. 

Contre cette logique mortifère, les pacifistes appellent à la diplomatie et au renforcement du système multilatéral. Des appels qui, loin d’être déconnectés de la marche du monde, révèlent un projet ancré dans la réalité des relations internationales où la conflictualité ne peut être durablement transcendée que par des mesures de confiance réciproque et certainement pas par des systèmes d’armes de plus en plus (auto-)destructeurs. 

Le Traité « Ciel ouvert » est une des pièces maîtresses de ce projet. Il prévoit pour tous les Etats parties, la possibilité de surveiller et de collecter des informations, par voie aérienne, sur le territoire de tous les autres Etats signataires. Le traité précise explicitement que l’intégralité du territoire d’un État partie est ouverte à l’observation des autres Etats. D’après le Traité, les vols d’observation ne peuvent être restreints que pour des raisons de sécurité aérienne, et non pour des raisons de sécurité nationale.

Ce Traité, comme la plupart des traités dits de « contrôle des armements », vise à renforcer la compréhension et la confiance mutuelle entre des pays qui se regardent en chiens de faïence. A cet effet, « Ciel ouvert » est l’un des efforts les plus importants, dans l’histoire récente des relations internationales, visant à promouvoir l’ouverture et la transparence dans le domaine de la sécurité et de la défense. Un des traités qui a participé de la manière la plus pérenne à la paix et la sécurité en Europe au cours des dernières décennies.

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