La militarisation de la jeunesse en Belgique

Depuis le début de l’investiture du gouvernement Arizona, une lettre a été envoyée à 149 000 mineur·e·s de 17 ans pour les inviter à faire un « service militaire volontaire » ; des militaires continuent d’investir les écoles primaires et secondaires, les centres commerciaux et les réseaux sociaux ; la médecine de guerre devient une matière obligatoire dans le cursus de médecine ; les universités cartographient les chercheur·euse·s prêt·e·s à orienter leurs recherches dans le domaine militaire. 

Ces faits ne sont pas des signaux d’alarme isolés, mais bien les manifestations visibles d’un processus systématique et délibéré de militarisation de la jeunesse belge. Dans un contexte européen de réarmement accéléré et sous l’impulsion de la coalition fédérale Arizona (2025–2029), la Belgique déploie une stratégie sans précédent de rapprochement entre l’institution militaire et la société civile. Comme la « vision stratégique » du ministre de la défense (Théo Franken) le prétend : « la Belgique et l’Europe [n’auraient] d’autre choix que de réapprendre à parler le langage de la guerre ».1

Cette note vise donc à travailler la question suivante : 

Dans quelle mesure les politiques publiques belges actuelles constituent-elles un processus structuré de militarisation de la jeunesse, et par quels dispositifs institutionnels ce processus opère-t-il ?

Pour donner des éléments de réponse, ce travail définit d’abord la militarisation de la jeunesse comme phénomène multidimensionnel qui dépasse le seul recrutement militaire (I). Il analyse ensuite des vecteurs concrets de cette militarisation, le recrutement direct et les campagnes de sensibilisation (II), l’intégration de logiques militaires dans l’enseignement secondaire (III), les stages et activités ciblées à destination des jeunes (IV), la militarisation du supérieur et de l’université (V) et enfin la stratégie médiatique déployée pour façonner les représentations de la jeunesse (VI). 

L’ensemble de ces dispositifs dessinent une logique d’État cohérente qui vise non pas à mobiliser ponctuellement, mais transformer durablement les normes, les imaginaires et les trajectoires des nouvelles générations.

Infos pratiques

– Brochure A4
– Gratuit +  Frais d’envoi