Enfin ! Une annonce que l’on attendait depuis longtemps : l’OTAN se dissout ! 35 ans après la chute du bloc de l’Est, la fin de la Guerre froide et la dissolution du pacte de Varsovie. 35 ans après la fin de ce qui expliquait sa raison d’être.
Poisson d’avril, malheureusement. Même si cette information aurait pu être crédible, vu l’état déplorable des relations entre Etats membres de l’OTAN. Un état qui ne s’est pas amélioré depuis qu’Emmanuel Macron diagnostiquait, en novembre 2019 déjà, l’« état de mort cérébrale » de l’alliance militaire.
Lors de la création de l’OTAN en 1949, les pays insistaient sur le caractère purement défensif de cette organisation. L’effondrement du bloc soviétique, et avec lui la menace qui a poussé les Etats occidentaux à créer l’OTAN, aurait dû remettre en question l’existence de l’alliance, voire en signifier sa dissolution. Mais cela n’a pas été le cas. Au contraire, au lieu de disparaitre, l’OTAN a conservé ses troupes, élargi sa présence sur la scène internationale et s’est élargi vers l’Est, aux abords des frontières russes, et vers le Sud. Parallèlement, l’OTAN s’est petit à petit auto-définie comme « une organisation de gestion de crise à même d’entreprendre un large éventail d’opérations et de missions militaires », favorisant ainsi les opérations multiples et s’engageant dans des guerres meurtrières et destructrices portées à chaque fois plus loin qu’aux frontières de son territoire : Yougoslavie, Kosovo, Afghanistan, Irak, Libye, corne de l’Afrique, … Des interventions militaires qui ont systématiquement aggravé les situations sur place.
En se substituant aux Nations Unies sous prétexte de « gérer les crises internationales », l’OTAN poursuit insidieusement ses propres objectifs et intérêts. Au détriment de la paix et de la stabilité.
Les Nations Unies sont la seule organisation multilatérale, à visée universelle, qui peut prétendre être gardienne de la paix et la stabilité internationales. Avec sa Charte comme unique cadre, repère et horizon. Toute autre organisation, quelle que soit sa nature et sa portée géographique, doit y être entièrement subordonnée, sous peine de saper le travail pour la paix et à la stabilité.
L’OTAN est une actrice centrale de l’instabilité internationale. C’est dans son cadre que les Etats occidentaux décident des augmentations continuelles des dépenses militaires, aggravant mécaniquement et systématiquement le dilemme de sécurité internationale. Pourtant, maintenant plus que jamais, il faut rappeler que la paix et la stabilité ne s’assurent que par l’édification constante d’un système international réellement multilatéral basé sur le dialogue et les mesures de confiance réciproque. Ce que l’OTAN sape par son existence même, préférant la course à la militarisation et la logique de bloc contre bloc.
