Proclamation de l’indépendance du Congo belge – 30 juin 1960

Il y a aujourd’hui 66 ans, le 30 juin 1960, la République du Congo déclare enfin son indépendance, après 75 ans de colonisation belge. La colonisation du Congo fut marquée par une exploitation systématique des ressources et de la population, notamment sous Léopold II.

Le régime de Léopold II au Congo (officiellement baptisé « État indépendant du Congo » et traité comme sa propriété personnelle de 1885 à 1908) constitue l’un des crimes coloniaux les mieux documentés de l’histoire. Le travail forcé, notamment autour de la récolte du caoutchouc, était sanctionné par des mutilations systématiques (mutilations, mains coupées, répression, …). Les estimations parlent d’un bilan de 10 millions de mort·es parmi de la population congolaise :un des plus importants massacres de l’histoire. Et ce en quelques décennies, par la combinaison des massacres, de la famine, des maladies et de l’épuisement. Après le transfert de la « propriété » du territoire à l’État belge en 1908, la violence change de forme mais pas de logique : travail forcé, ségrégation, interdiction d’accès à l’enseignement supérieur, dépossession foncière, … Le Congo et sa population ont été administrés pendant 75 ans comme un simple réservoir de ressources.

L’indépendance de la République du Congo en juin 1960 est le résultat d’une mobilisation politique croissante dans les années 1950, portée par des partis comme le Mouvement National Congolais de Patrice Lumumba. La Belgique, sous pression internationale et face à la montée des mouvements indépendantistes sur tout le continent, organise en urgence le transfert de souveraineté. Dès les premiers mois, la situation se dégrade : mutinerie au sein de l’armée, sécession du Katanga soutenue par des intérêts belges et miniers, et assassinat de Lumumba en janvier 1961, avec l’implication documentée de la Belgique et des États-Unis.

Ce qui frappe autant que les faits, c’est leur absence dans la mémoire collective belge. Ces crimes ne figurent pas, ou bien trop peu, dans les programmes scolaires. Les gouvernements ne reconnaissent pas comme il se doit le pillage et le génocide que la Belgique a commis au Congo, et ne proposent pas restitution et réparation. Des statues de Léopold II et d’autres colons trônent encore dans notre espace public. Pendant ce temps, les descendant·es des victimes, qu’iels vivent en RDC ou en Belgique, portent le poids du passé. Le procès Davignon en 2026 a marqué une première fissure dans ce déni institutionnel, accusant l’ancien diplomate belge Étienne Davignon d’avoir participé à l’assassinat de Patrice Lumumba, premier chef d’État du Congo indépendant. Mais le procès Davignon, aussi symboliquement important soit-il, risque de servir d’exutoire : une procédure pénale individuelle ne remplacera ni une reconnaissance officielle de l’État, ni un enseignement honnête de l’histoire coloniale et de ses crimes.

L’histoire coloniale n’est pas un passé révolu : elle structure les inégalités présentes, le racisme et els discriminations, et les rapports de force économiques qui pèsent encore sur la RDC. Le travail de mémoire est notre responsabilité à toustes.


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