La CNAPD s’est rendue ce samedi 20 juin à la Conférence internationale contre la guerre organisée à Londres, aux côtés d’un large front d’organisations syndicales, de mouvements pour la paix, de collectifs de jeunesse et de délégations venues du monde entier. Cette rencontre fait suite à la première conférence tenue à Paris en octobre dernier et marque une nouvelle étape dans la construction d’un mouvement international coordonné contre la militarisation et l’austérité.

Les participant·es ont dénoncé le rôle de l’Union européenne (qui prévoit d’investir 800 milliards d’euros pour le réarmement), ses états membres et des États-Unis dans le glissement d’austérité actuel, qui nourrit l’enrichissement des actionnaires de l’industrie de l’armement au détriment des droits sociaux et de la sécurité collective.

Dans le même temps, les dépenses militaires atteignent des niveaux vertigineux, 35 millions d’euros par heure dans le monde, alors que des millions de familles basculent dans la pauvreté et que les investissements publics se détournent des besoins sociaux et environnementaux au profit de l’IA, ses data centers et le réarmement.

Faute d’une véritable politique industrielle et d’une planification économique digne de ce nom, nos gouvernements ont abandonné des secteurs entiers à la loi du marché, en promettant que celuici « s’autorégulerait ». Le résultat est sans appel : les industries européennes ferment les unes après les autres, laissant derrière elles des centaines de milliers de travailleurs sans emploi et des territoires entiers fragilisés.

Au lieu de reconstruire une économie résiliente, d’investir massivement dans une transition écologique juste, de créer des emplois décents et de préparer nos sociétés aux effets du réchauffement climatique (autant de leviers qui préviennent les conflits et renforcent la cohésion sociale) nos gouvernements font un autre choix.

Ils choisissent la fuite en avant militariste, et d’engraisser les poches d’actionnaires meurtriers.

Une mobilisation internationale large et déterminée

La conférence a réuni des orateur•ices et organisations du monde entier, dont Jeremy Corbyn, Peter Martens, Ulrike Eifler, Mustafa Barghouti, ainsi que des délégations syndicales françaises, anglaises, espagnoles, allemandes, italiennes, des organisations de jeunesse et des représentants palestiniens. 

Sous les chants de solidarité avec le peuple palestinien, dans une ville où les autorités criminalisent de plus en plus les manifestations pacifiques, les travailleur·euses du monde entier ont affirmé leur volonté de s’organiser face à la montée de la répression.

Londres a récemment condamné pour terrorisme de jeunes militantes ayant saboté une livraison de drones destinés à Israël, illustrant la criminalisation croissante des mouvements pour la paix. 

Cette criminalisation du pacifisme s’étend dans toute l’Europe. Les objecteurs de conscience russes et ukrainiens présents à la conférence ont rappelé combien l’Union européenne a failli à son devoir de protection : leurs voix restent marginalisées, leur existence à peine reconnue dans le débat public, alors même qu’ils incarnent une résistance essentielle à la logique de guerre. 

La propagande guerrière actuelle repose sur une polarisation dangereuse. Cette vision binaire empêche toute analyse sérieuse des dynamiques de guerre, invisibilise les mouvements pacifistes des deux côtés et réduit au silence celles et ceux qui refusent de prendre part à la militarisation généralisée. Elle sert surtout à légitimer une escalade militaire qui nous éloigne chaque jour davantage de la paix.

Mais cette répression et cette criminalisation ne doit pas nous décourager : loin d’être le signe d’un échec, elles révèlent au contraire la peur réelle de nos gouvernements face à notre force collective. S’ils s’acharnent à faire taire les mouvements pacifistes, c’est parce que des millions de personnes se sont levées contre le génocide et contre la guerre, et que cette mobilisation massive ébranle leur récit militariste. 

Construire la convergence des luttes

Ce que nous vivons aujourd’hui doit être compris comme un signal : nous sommes nombreux, nous sommes légitimes, et nous faisons vaciller l’ordre qu’ils tentent d’imposer.

Notre responsabilité, maintenant, c’est de continuer à lutter, de maintenir la pression, de refuser la résignation. Car notre combat est juste, profondément humain, et inscrit du côté de celles et ceux qui, dans l’histoire, ont choisi la vie plutôt que la destruction.

Le mot d’ordre de la conférence était clair : se rallier, identifier les convergences, créer des synergies et appeler à la mobilisation internationale.

La conférence a rappelé que la guerre transforme profondément la vie des travailleurs•euses : explosion de la pauvreté, crise du logement, précarisation généralisée, mais surtout, ce sont elles et eux qui partent au front, les enfants des travailleurseuses et de la classe ouvrière.

La militarisation et l’austérité apparaissent comme deux faces d’un même projet de société, où les droits sociaux sont sacrifiés pour alimenter la machine de guerre.

Alors que les puissants de ce monde se réunissent régulièrement — G7, Davos, OTAN — les mouvements sociaux doivent eux aussi renforcer leurs espaces de coordination transnationale, et aujourd’hui est un de ces moments où nous faisons vivre l’espoir et nous nous organisons collectivement pour une modification fondamentale du rapport de force. La conférence a été un moment pour construire un mouvement international capable de stopper la machine de guerre, en unissant les luttes des travailleurs, des jeunes, des mouvements féministes, écologistes et antiracistes.

Des mobilisations internationales annoncées

La conférence a appelé à deux rendezvous majeurs :

  • 10 octobre : mobilisation internationale pour la Palestine
  • 21 & 22 novembre : journées d’action contre la conscription, la militarisation et pour la paix

Les contours précis de ces mobilisations seront annoncés dans les prochains mois.

Les participant·es ont également reconnu, salué et supporté les actions récentes :

les dockers italiens refusant de charger des armes vers Israël, les grèves étudiantes en Allemagne, les objecteurs de consciences en Russie et en Ukraine, les Global Flotillas, ou encore les marches pour la paix en Europe, dont celle organisée par stopmilitarisation du 14 juin à Bruxelles, mentionnée par Jeremy Corbyn.

La CNAPD réaffirme son engagement à construire un mouvement international puissant, capable de s’opposer à la machine de guerre et à l’austérité.

L’unité des peuples est la seule force capable d’arrêter cette spirale militariste.

Giulia Contes, Co-présidente de la CNAPD

 

 

Signer l’appel international :

-> World Beyond War : https://worldbeyondwar.org/individual/  

Crédit photo © François Dvorak

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