Stoppons la course mondiale aux armements !

Chaque année, au mois d’avril, le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) publie un rapport qui analyse l’état des armements, des dépenses militaires et de la sécurité internationale dans le monde. Cette publication ne fait pas que donner des chiffres : elle fait un état des lieux global de la sécurité et de l’armement, et aide à comprendre où va le monde en matière de guerre et de paix.

Le rapport sur les dépenses militaires mondiales pour l’année 2025 a paru ce lundi 27 avril. On tire le bilan ensemble !

En quelques chiffres :

  • Les dépenses militaires mondiales atteignent un total le plus haut jamais enregistré (+ 2,9 % par rapport à 2024)
  • Le continent européen est la région où les dépenses militaires ont le plus augmenté (+ 14 % par rapport à 2024)
  • Les États membres de l’UE ont augmenté leurs dépenses militaires de 28 % par rapport à 2024
  • Les dépenses militaires des États membres de l’OTAN représentent plus de la moitié des dépenses militaires mondiales (55 %)
  • La Belgique enregistre la plus grosse augmentation des dépenses militaires nationales parmi tous les États membres de l’UE (+ 59 % par rapport à 2024)
  • La Belgique occupe désormais la 28e place (contre la 32e en 2024) dans le classement mondial des pays ayant les dépenses militaires les plus élevées

Dans le monde, une hausse de 2,9 % (avec 2 887 milliards de $)

Sans grande surprise, on constate que les dépenses militaires mondiales ont à nouveau augmenté en 2025, et ce pour la onzième année consécutive. Elles ont atteint 2 887 milliards de dollars, ce qui est le total le plus haut jamais enregistré par le SIPRI. Ce total représente une hausse de 2,9 % par rapport à 2024.

Les dépenses militaires des États-Unis ont légèrement diminué par rapport à l’année précédente, et puisqu’il s’agit de la plus grosse part des dépenses mondiales, cela ralentit un peu la hausse. Cela signifie que, si on ne tient pas compte de celles des États-Unis, les dépenses militaires de tous les autres États combinés connaissent une hausse impressionnante : + 9,2 % par rapport à 2024.

Le continent européen en tête, avec une hausse de 14 %

Le continent européen est la région où les dépenses militaires ont le plus augmenté en 2025 : + 14 % par rapport à 2024 ! L’accélération de la militarisation des États européens membres de l’OTAN a entraîné la plus forte hausse annuelle des dépenses en Europe centrale et occidentale depuis le début de la guerre froide. Sachant que, si on tire le bilan des 9 dernières années (entre 2016 et 2025), les dépenses militaires de ces États ont plus que doublé (+ 102 %) !

Une évolution très inquiétante

Cette impressionnante hausse dans les dépenses militaires mondiales marque une évolution extrêmement dangereuse. Elle n’est néanmoins pas surprenante, puisqu’elle survient en conséquence des tensions géopolitiques croissantes sur la scène internationale, vis-à-vis desquelles la politique de puissance militaire constitue la réponse presque exclusive, asphyxiant progressivement le droit international, les structures des Nations Unies et la diplomatie.

« Cette poussée des conflits et de la violence n’est ni accidentelle ni inévitable ; elle est le reflet d’un regain plus large de l’impérialisme et de la militarisation, mené par les États-Unis, dans laquelle la brutalité, la puissance militaire et la coercition sont devenues des outils dominants des relations internationales. »

Extrait de l’appel GDAMS 2026 – « Un appel à l’action contre la militarisation mondiale »

L’OTAN réclame toujours plus

Les dépenses militaires des États membres de l’OTAN représentent en 2025 plus de la moitié des dépenses militaires mondiales (55 %) : 1 581 milliards de dollars au total ! 

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Bien que les dépenses militaires des pays européens membres de l’OTAN (559 milliards de dollars en 2025) soient trois fois supérieures à celles de la Russie (190 milliards de dollars), l’OTAN s’est engagée à relever la « norme » des dépenses militaires de ses membres de 2 % à 5 % du PIB à l’horizon 2035 (dont 3,5 % pour les dépenses militaires strictes).

Concrètement, cela signifie que l’OTAN demande à ses États membres d’augmenter fortement leurs budgets de défense au cours des prochaines années, afin d’atteindre un niveau « d’effort militaire » bien plus élevé qu’aujourd’hui. Tout cela implique notamment pour les États une hausse des dépenses publiques consacrées aux armées (personnel, équipements, opérations, …) ainsi que toujours plus d’investissements dans les capacités militaires (armement, modernisation, …). 

Pour dégager les ressources nécessaires et se conformer à la « norme OTAN », les États membres (dont la Belgique) réorientent progressivement leurs priorités budgétaires nationales, ce qui signifie des coupes dans d’autres budgets (sécurité sociale, santé, éducation, emploi, culture, …)

En pratique, pour de nombreux pays européens, passer de 2 % à 3,5 % (voire 5 %, en incluant d’autres dépenses liées à la sécurité) représenterait donc un effort financier considérable, souvent de plusieurs dizaines de milliards supplémentaires par an, dans un contexte déjà marqué par des contraintes économiques et sociales.

Une Union européenne qui se « réarme »

Le rapport du SIPRI indique que, au total, les États membres de l’UE ont augmenté leurs dépenses militaires de 28 % en 2025.

Dans un plan d’abord nommé « ReArm Europe » (puis devenu « Readiness 2030 »), la Commission européenne a proposé que les États membres puissent consacrer 1,5 % supplémentaire de leur PIB à des dépenses militaires, hors du cadre budgétaire européen. Les dépenses militaires bénéficient donc d’un traitement de « faveur » : pour toutes les autres dépenses publiques, l’injonction reste la réduction du déficit public, qui doit être maintenu en-dessous des 3 % du PIB.

Au lieu des économies effectives qui sont réclamées par l’UE pour réduire la dette publique, le gouvernement belge choisit de prélever des milliards de fonds publics dans pratiquement tous les secteurs (sécurité sociale, retraites, transports publics, asile et migration, climat, coopération au développement, etc.) afin de pouvoir payer la facture colossale de la défense. 

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Les dépenses militaires belges qui montent en flèche

En 2025, la Belgique a augmenté ses dépenses militaires de 59 % par rapport à 2024, pour atteindre 14,5 milliards de dollars. À noter qu’il s’agit de la plus grosse augmentation des dépenses militaires parmi tous les États membres de l’UE !

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Cela représente des sommes astronomiques, qui sont retirées à d’autres secteurs. Car au même moment, le gouvernement Arizona a annoncé des mesures d’austérité importantes, avec des coupes budgétaires dans de nombreux secteurs. Seul le secteur de la défense voit son budget augmenter, alors que ceux de tous les autres diminuent.

Suite à ces augmentations en 2025, la Belgique occupe désormais la 28e place (contre la 32e auparavant) dans le classement mondial des pays ayant les dépenses militaires les plus élevées. La décision que le gouvernement Arizona prend, au printemps 2025, d’accélérer l’augmentation de ses dépenses militaires afin d’atteindre les 2 % du PIB la même année, représente une augmentation du budget de l’armée de 4,2 milliards d’euros en 2025 (ce qui fera 28,3 milliards pour l’ensemble de la législature, jusqu’en 2029).

En réaction à cela, la plateforme nationale « Stop Militarisation » a vu le jour en 2025, regroupant des dizaines d’organisations de la société civile belge et du mouvement pour la paix, ainsi que des syndicats. Ensemble, nous nous opposons à ce pillage de nos fonds publics pour financer les armes et la guerre.

Les dépenses militaires ne garantissent pas notre sécurité

Il est illusoire de croire que plus d’armes et des armées plus importantes garantissent notre sécurité. L’Histoire nous enseigne au contraire qu’elles alimentent la défiance entre les États, sapent la coopération et exacerbent les tensions et la menace de guerre. La militarisation éloigne toujours plus les États de la coopération internationale, pourtant indispensable pour faire face aux menaces planétaires urgentes, telles que le changement climatique ou l’armement nucléaire. 

La militarisation attise les troubles sociaux et compromet la justice sociale : elle propulse la Belgique – et le monde – à contre-courant de ce qui garantit la sécurité des citoyen·nes.

« La guerre n’apporte pas la sécurité, ni à l’étranger ni à l’intérieur des pays. Au contraire, ses conséquences se répercutent sur le plan intérieur dans les pays hautement militarisés et se manifestent par l’autoritarisme, la répression, l’intensification de la surveillance, la perte des libertés démocratiques, la militarisation de la police et la réduction des services publics essentiels, qui génèrent à leur tour de nouvelles insécurités. »

Extrait de l’appel GDAMS 2026 – « Un appel à l’action contre la militarisation mondiale »

Rendez-vous le 14 juin

La plateforme belge « Stop Militarisation » et la plateforme européenne « StopRearm Europe » appellent à participer à la manifestation européenne contre la militarisation, organisée à Bruxelles le dimanche 14 juin sous le slogan « Pour la justice sociale et contre la guerre ».

La manifestation se déroule à un moment crucial, la veille du Conseil européen (18-19 juin) et quelques semaines avant le sommet de l’OTAN à Ankara (7-8 juillet).

Rassemblons-nous en masse le 14 juin, pour dire non à la militarisation de nos sociétés ! 

Sources : 

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