La CNAPD a rejoint l’appel lancé par l’International Peace Bureau en ce mois d’avril 2026. Nous vous en partageons son contenu ainsi que ses revendications, qui rejoignent celles que nous portons au niveau belge au sein de la plateforme nationale Stop Militarisation. La plateforme belge « Stop Militarisation » et la plateforme européenne « StopRearm Europe » appellent à participer à la manifestation européenne contre la militarisation, organisée à Bruxelles le dimanche 14 juin sous le slogan « Pour la justice sociale et contre la guerre ». Rassemblons-nous en masse le 14 juin, pour dire non à la militarisation de nos sociétés !

 

Le paysage sécuritaire mondial s’est considérablement détérioré ces dernières années : le nombre de guerres et de conflits armés violents actifs aujourd’hui est le plus élevé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, éclatant partout dans tout le monde et impliquant un nombre sans précédent d’États et d’acteurs. De Gaza à la Cisjordanie, en passant par le Soudan et la République démocratique du Congo, l’Ukraine, le Venezuela, l’Iran et au-delà, les niveaux de violence, de souffrance des populations civiles et de violations du droit international ont atteint des sommets insoutenables allant jusqu’à la commission d’actes de génocide.

Cette poussée des conflits et de la violence n’est ni accidentelle ni inévitable ; elle est le reflet d’un regain plus large de l’impérialisme et de la militarisation, mené par les États-Unis, dans laquelle la brutalité, la puissance militaire et la coercition sont devenues des outils dominants des relations internationales. Des États puissants et des acteurs régionaux continuent d’alimenter les guerres – non seulement par des interventions directes, mais aussi par des transferts d’armes massifs, des alliances stratégiques et une concurrence géopolitique – tout en préférant les visées étroites à la sécurité humaine et à la paix. Les États dotés d’armes nucléaires ont repris une nouvelle course aux armements de ce type, qui s’accélère, ces pays façonnant ouvertement leurs politiques étrangères autour de l’arme la plus inhumaine jamais créée. De même, la prolifération des nouvelles technologies militaires, entre drones, intelligence artificielle et armes spatiales et soniques, qui sont maintenant testées sur le champ de bataille, a engendré une nouvelle course aux armements sans accords internationaux ni restrictions quant à leur utilisation.

Il en résulte un ordre mondial fracturé dans lequel le droit international et les institutions multilatérales luttent pour contenir la violence et faire respecter les normes fondamentales. Les populations civiles font les frais de cette militarisation mondiale, tandis que les systèmes conçus pour prévenir les atrocités et gérer les conflits, en particulier les Nations Unies, sont de plus en plus compromis par les politiques à deux vitesses, la faible application des lois, les coupes budgétaires, le mépris des traités existants et l’influence omniprésente de ceux qui tirent profit de la guerre.
Gaza est l’exemple le plus visible et le plus atroce de l’application de ce paradigme, où nous assistons depuis deux ans et demi au premier génocide diffusé en direct de l’histoire de l’humanité, et où Israël semble bénéficier en toute impunité d’un soutien de l’Occident restant, en grande partie, incontesté.

Cette nouvelle insécurité est due à l’augmentation constante des dépenses militaires mondiales. D’année en année, les niveaux records de dépenses militaires augmentent le risque de conflits sans se soucier des défis mondiaux qui font peser de réelles menaces sur les populations du monde entier, notamment l’accélération de la dégradation du climat, l’aggravation des inégalités ou le sous-financement chronique des services publics essentiels. Cela révèle un décalage flagrant des priorités : toujours plus d’argent pour les armes, et toujours moins pour la sécurité humaine, l’action pour le climat, l’aide extérieure, les soins de santé, les emplois décents, le logement, l’éducation et les infrastructures publiques. Alors que les communautés sont confrontées à une crise du coût de la vie marquée par une inflation croissante et le rétrécissement du filet de sécurité sociale qui fait peser le plus lourd fardeau sur la classe ouvrière, l’escalade de la militarisation et des dépenses en armements – souvent justifiées au nom de la sécurité – prive ces communautés des ressources d’un développement pacifique garant d’emplois valorisants, de dignité et de sécurité.

La guerre n’apporte pas la sécurité, ni à l’étranger ni à l’intérieur des pays. Au contraire, ses conséquences se répercutent sur le plan intérieur dans les pays hautement militarisés et se manifestent par l’autoritarisme, la répression, l’intensification de la surveillance, la perte des libertés démocratiques. la militarisation de la police et la réduction des services publics essentiels, qui génèrent à leur tour de nouvelles insécurités.

Alimentée par ces tendances, une extrême droite croissante promeut des politiques et tient des discours de plus en plus agressifs et ouvertement suprémacistes, ciblant précisément les personnes les plus sensibles à ces tendances et alimentant un climat de peur qui, à son tour, ouvre la voie à une militarisation et à une sécurisation accrues.

Dans le même temps, l’accélération de la militarisation ravive et étend le service militaire et la conscription, entraînant les jeunes dans des systèmes de guerre plutôt que d’investir dans leur éducation, leurs moyens de subsistance et perspectives d’avenir.

De plus, l’augmentation des dépenses militaires aggrave la crise du climat qui, avec les risques d’une guerre nucléaire, représente une menace existentielle pour l’humanité et la planète. Les forces armées figurent parmi les principaux contributeurs aux émissions mondiales de gaz à effet de serre et jouent un rôle clé dans le maintien de l’extractivisme et la protection des intérêts des sociétés transnationales. Chaque augmentation des budgets militaires signifie également moins de ressources pour l’action climatique urgente. Mais bien qu’elle fasse partie du problème, la militarisation est la solution incontournable des élites économiques et politiques mondiales. En outre, ce paradigme érode la confiance entre les pays, sapant l’effort collectif requis par la crise environnementale.

Tout ceci soulève la question suivante : comment de nouvelles augmentations des dépenses militaires vont-elles rendre le monde plus sûr? Ces politiques militaristes ont été testées à maintes reprises, et le résultat a toujours été la guerre, la répression et la méfiance. Comment faire la même chose pourrait-il donner un résultat différent cette fois-ci?

Notre réponse est claire, et donc:

  • Nous exhortons les gouvernements à réduire considérablement leurs dépenses militaires et à réorienter ces fonds vers les secteurs sociaux et environnementaux, en s’attaquant aux défis mondiaux de notre époque et en finançant la sécurité humaine.
  • Nous appelons au désarmement mondial urgent, à la réduction des arsenaux nucléaires et des fonds qui leur sont alloués, à l’arrêt du commerce des armes et des livraisons d’armes aux nations en proie à des conflits ou à l’instabilité régionale, ou celles qui violent systématiquement les droits humains et le droit international. Nous exigeons des gouvernements qu’ils donnent la priorité à la paix et à la justice plutôt qu’aux profits tirés de la fabrication et du commerce des armes.
  • Nous soulignons la nécessité d’élaborer de nouveaux cadres de sécurité internationaux et régionaux adaptés et fondés sur les principes partagés de la sécurité commune, la sécurité humaine, le désarmement et la justice mondiale. Nous demandons aux gouvernements de se concentrer sur des solutions collaboratives et diplomatiques, de s’engager dans la négociation et le multilatéralisme, d’adhérer au droit international et aux traités de désarmement, et de revitaliser et réformer le cadre international des Nations Unies de règlement des conflits. Nous demandons instamment la convocation d’une quatrième Session extraordinaire de l’Assemblée des Nations Unies consacrée au désarmement, comme convenu à l’unanimité dans le Pacte pour l’avenir.
  • Nous encourageons la société civile aux niveaux local, national, régional et international à unir ses forces et à lutter contre la tendance à la hausse des dépenses militaires, à soutenir le mouvement mondial pour la paix et la justice. et à affronter les décideurs qui tentent de justifier un militarisme implacable sous le couvert de la sécurité.

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