Dans le cadre du Groupe de travail Sécurité Commune en Europe, Monsieur Christophe Wasinski a répondu à notre invitation pour partager son analyse et sa vision sur les questions suivantes : Quelles alternatives allons-nous proposer contre l’OTAN ? Quelle nouvelle architecture pour la sécurité en Europe? En effet, et alors que la CNAPD s’apprête à publier une brochure sur l’OTAN dans les prochaines semaines, nous devrions saisir ce moment pour pousser plus loin nos réflexions sur l’architecture de sécurité en Europe. Comment penser cette nouvelle architecture, comment analyser le nouveau rôle de l’Union européenne en matière de sécurité et de défense et comment intégrer cette dimension dans nos réflexions ? Voici la synthèse de son intervention. Christophe Wasinski est Maître de conférence à l’ULB, notamment dans le domaine de la guerre et sur la légitimation technique de la violence militaire par la pensée stratégique et les doctrines militaires.  

Guerre en Ukraine : pour une politique de sécurité responsable

Ce 24 février, la Russie a lancé une brutale offensive contre l’Ukraine. L’attaque ne constituait pas une réponse à une menace imminente de la part des forces armées ukrainiennes ou de celles de l’OTAN. Elle est illicite sur le plan du droit international et doit être condamnée avec fermeté. L’objectif de « dénazification » de l’Ukraine mis en avant dans le discours de Vladimir Poutine relève de la propagande et ne elle ne peut donc pas davantage justifier les actions militaires russes. Ces importantes remarques posées, il convient de s’interroger sur le contexte qui a rendu cette guerre possible ainsi que, dans une situation encore incertaine quant à l’issue de ce conflit, sur certaines des réponses apportées par les Etats-Unis et les Etats européens à cette crise. A cette fin, ce texte, abordera les questions relatives à l’architecture de sécurité européenne, aux livraisons d’armes à l’Ukraine et au projet de remilitarisation de l’Europe.

Une architecture de sécurité belligène ?

A la fin de la guerre froide, l’administration George H. Bush fait le choix de pérenniser l’OTAN. Ce choix apparait clairement dans le dossier relatif à la réunification allemande. Les Etats-Unis conditionnent leur soutien à la réunification au maintien de l’Allemagne au sein des structures de l’OTAN. Promesse est en même faite aux Russes que l’OTAN n’installera pas de bases sur l’ancien territoire de la République démocratique allemande[1]. Sur base de cette promesse (qui fut respectée) et de quelques déclarations politiques, les Russes sont persuadés qu’il existe un accord tacite plus général de ne pas élargir l’OTAN à l’Est. Les Etats est-européens expriment, quant à eux, leur désir de rejoindre l’Alliance. Ils se sentent menacés par l’instabilité politique russe. Leurs craintes sont renforcées par la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Elle prouve que la Russie est prête à utiliser la force militaire pour régler des problèmes politiques. L’administration William Clinton, qui succède à celle de George H. Bush, est mise sous pression non seulement par les décideurs politiques est-européens mais aussi par les « faucons » étatsuniens favorables à l’élargissement de l’OTAN. William Clinton et son équipe sont conscients qu’un élargissement risque de fragiliser Boris Eltsine et de tendre les relations avec la Russie. L’administration Clinton tente de temporiser mais finit par accepter le principe de l’élargissement à la fin des années 1990. La Russie se sent trahie. Elle est également mécontente de l’intervention de l’OTAN au Kosovo menée sans mandat du Conseil de sécurité de l’ONU en 1999. Ces événements se déroulent alors que la Russie est victime d’une grave récession économique liée à la libéralisation de son économie. La combinaison de ces éléments a joué un rôle de premier plan dans le développement du régime autoritaire de Vladimir Poutine. Pour rappel, l’OTAN est une organisation de défense collective. La défense collective présuppose de s’unir pour faire face à une menace extérieure (c’est la « sécurité contre l’Autre »). Lorsqu’elle s’élargit au cours des années 2000, intégrant des Etats ayant anciennement fait partie du Pacte de Varsovie, elle le fait au nom de ce même principe de défense collective. A la fin de la guerre froide, des décideurs politiques et des diplomates auraient préféré que l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) joue un rôle plus important dans l’architecture de sécurité européenne. L’OSCE est une organisation qui fonctionne sur le schéma de la sécurité collective. La sécurité collective présuppose que les Etats s’unissent pour gérer les problèmes de sécurité de manière coopérative (c’est la « sécurité avec l’Autre »). L’OSCE, en dépit du rôle important qu’elle joue dans la résolution de certaines crises (notamment dans les Balkans), finit par occuper une « niche » dans le paysage sécuritaire européen. L’OTAN, quant à elle, devient non seulement prépondérante mais mute aussi : elle commence à intervenir « hors zone » (non seulement au Kosovo mais aussi en Afghanistan et plus tard en Libye). Vladimir Poutine exprime ses inquiétudes à ce propos et décide de consacrer davantage de ressources à ses forces armées. La militarisation de la Russie, qui permet aussi au régime de se légitimer auprès des populations, finira par inquiéter les Européens qui se montrent de plus en plus favorables au renforcement de leurs appareils militaires. En fait, l’OTAN a contribué à faire émerger un « dilemme de sécurité » classique ; l’accroissement des ressources pour se défendre a engendré de l’insécurité. Ce dilemme de sécurité a aussi des conséquences négatives sur les négociations dans le domaine du contrôle des armements conventionnels et nucléaires. Aujourd’hui, l’OTAN reste cependant perçue comme une organisation incontournable pour assurer la sécurité en Europe. En réalité, l’OTAN a agi comme un pompier-pyromane dans le contexte de la guerre actuelle. Bien entendu, l’OTAN n’a pas menacé directement la Russie et le régime russe a fait des choix politiques condamnables. Mais il n’en reste pas moins que l’élargissement de l’OTAN a pérennisé la Russie dans son statut d’« Autre » sur le continent (notons que ce problème n’est pas que d’ordre sécuritaire ; sur le plan économique également, la Russie connait un déficit d’intégration)[2]. Pour cette raison, une critique de fond du rôle de l’OTAN s’impose urgemment. Cette organisation, et son principe de défense collective, occupe une place trop importante dans l’architecture de sécurité européenne. Au vu de l’évolution de la crise actuelle, on doit malheureusement s’attendre à ce que son importance augmente encore (rappelons qu’il est question d’intégrer la Suède et la Finlande à l’alliance sous peu). En Grande-Bretagne, certains recommandent que l’OTAN devienne « mondiale ». La Chine semble visée par ce type de discours. Une fois encore, vu la nature de l’institution, il s’agit d’une évolution inquiétante.

Le tournant martial de l’Union européenne

En 2017, Donald Trump est élu à la présidence des Etats-Unis. Sa politique est chaotique. Le président nouvellement élu surprend l’Europe par la radicalité de ses prises de position vis-à-vis de l’OTAN. Il menace les Européens d’un retrait de l’alliance atlantique s’ils ne contribuent pas davantage à la défense collective. Un tel retrait signifierait que les Européens se retrouveraient seuls à gérer l’héritage d’un continent clivé par les élargissements successifs de l’OTAN. Les Européens promettent d’augmenter leurs dépenses de défense – la novlangue sécuritaire parle à ce propos d’« investissements ». Il est vrai que les Européens craignaient un désengagement étatsunien avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison blanche. En 2012, l’administration Obama annonce que la politique étrangère des Etats-Unis se focalisera sur l’Asie (c’est le « Pivot to East Asia »). Dans ce contexte, les experts des questions de sécurité et les militaires européens, soutenus par le lobby des armes, évoquant implicitement la menace russe, font la promotion d’un renforcement des capacités militaires. C’est aussi dans ce contexte qu’émerge l’idée d’un « retour de la guerre de haute intensité ». Il ne faut pas s’y tromper : le retour anticipé de la guerre de haute intensité participe aussi du dilemme de sécurité évoqué ci-dessus. En définitive, craignant le retrait des Etats-Unis dans une Europe divisée, l’Union européenne se montre plus résolue que dans le passé à s’impliquer dans les dossiers militaires (par manque de place, nous n’abordons pas ici les débats sur le rôle de l’Union européenne dans les questions de sécurité pendant les années 1990). Cette évolution ne choque pas et elle est soutenue par une vision téléologique de la construction européenne. Selon celle-ci, il serait « naturel » que l’Union européenne s’implique dans le domaine militaire après avoir réussi à s’imposer dans les champs politique et économique. L’Union européenne ne pourrait être « complète » qu’en possédant des moyens militaires. Ce que certains cherchent à faire passer pour du sens commun n’est cependant pas évident. En fait, la « normalité » de cette conception résulte aussi en partie, une fois encore, du clivage européen résultant de l’élargissement de l’OTAN. Sans Russie menaçante, il n’est pas sûr que les opinions européennes prennent au sérieux des projets européens de réarmement. Ces dernières années, en dépit des menaces de retrait étatsunien, l’OTAN a continué à jouer son rôle classique de défense collective en Europe. L’OSCE est restée une organisation spécialisée. Son influence au sein de l’architecture de sécurité européenne est toujours limitée. L’Union européenne, quant à elle, a musclé sa politique sécuritaire. Dans le cadre de la guerre en Ukraine, elle développe un discours résolument martial (Josep Borrel : « nous fournissons les armes, les Russes fournissent les morts » ; Ursula von der Leyen : « We want Ukraine to win this war »). Elle coordonne aussi des livraisons d’armes à l’Ukraine. La position de l’Union européenne est en fait similaire à celle de l’OTAN dans le dossier. C’est regrettable. Beaucoup d’analystes jugent possible voire probable l’enlisement du conflit et pensent qu’il faudra tôt ou tard négocier avec la Russie. Au vu de l’attitude martiale adoptée par l’Union européenne, il ne faut pas s’attendre à ce que celle-ci puisse aisément jouer un rôle constructif sur le plan diplomatique.

« Des armes, des armes, des armes »

Les livraisons d’armes ont constitué un pari. Nul ne pouvait prédire avec précision ce qu’elles provoqueraient. Jusqu’à un certain point, ce pari a bien tourné. Ces armes ont permis aux forces ukrainiennes de contenir la progression de l’armée russe. Les livraisons d’armes auraient cependant pu amener la Russie à agir avec (encore plus) de brutalité afin de punir l’Ukraine ou des Etats à l’origine de ces livraisons. Ce risque n’a pas totalement disparu à l’heure actuelle. Les livraisons pourraient encore contribuer à l’intensification, à l’extension géographique ou à la prolongation de la guerre. Le discours politique et stratégique qui entoure ces livraisons est par ailleurs ambigu. Ces armes et équipements sont-ils uniquement destinés à aider les Ukrainiens à se protéger ou ont-ils pour aussi pour finalité de nuire à la Russie ? Dans le second cas de figure, cela signifierait que l’Ukraine servirait d’auxiliaire (« proxy ») dans un conflit qui oppose les Etats-Unis et leurs alliés à la Russie. Au surplus, les objectifs politiques précis associés à ces fournitures d’armes manquent de clarté. Comme cela a déjà été évoqué ci-dessus, certains décideurs politiques laissent entendre que ces équipements vont permettre à l’Ukraine de « gagner » contre la Russie. A l’heure où nous écrivons ces lignes, on ne sait cependant ce que « gagner » signifie précisément. Les Ukrainiens auront-ils gagné si les Russes se retirent sur les positions qui étaient les leurs avant le début de l’offensive de février 2022 ? Ou doit-on considérer qu’ils auront gagné lorsqu’ils auront chassé les Russes du Donbass et de la Crimée ? Ou auront-il gagné lorsqu’ils auront suffisamment affaibli l’armée russe pour qu’elle ne puisse plus les menacer pendant plusieurs années ? D’autres décideurs affirment que, grâce à ces livraisons, l’Ukraine se retrouvera dans une meilleure position pour négocier face à la Russie. Toutefois, il ne semble pas que ces mêmes décideurs veuillent s’impliquer afin de faire aboutir d’éventuelles négociations. Face notamment à ce manque de clarté, il est nécessaire de rester vigilant à l’égard des livraisons d’armes. L’attitude qui consiste à écarter a priori toute critique de ces livraisons au motif qu’elles feraient le jeu de la Russie est également problématique au vu des risques graves qu’elles font potentiellement courir aux populations. Bien entendu, on peut trouver légitime de livrer des armes afin de permettre aux Ukrainiens de se défendre. Mais les livraisons d’armes ne font pas à elles seules une politique de gestion de crise responsable. Ou, pour le dire autrement, « des armes, des armes, des armes » est un slogan mais pas une politique. Plus encore, il existe actuellement une relation problématique entre les livraisons d’armes et l’émergence d’une rhétorique de plus en plus belliqueuse de la part des Européens et des Etatsuniens. A minima, il faudrait accompagner les livraisons par des initiatives résolues destinées à essayer d’impulser des négociations entre les parties. Des dizaines de milliers de soldats russes dotés d’armes puissantes ont été déployés en Ukraine. Ils ont notamment tué et blessé des civils et détruit des biens appartenant aux populations. Des informations crédibles soulignent que certains de leurs actes constituent des crimes de guerre. A la lumière de ces informations, il est aisé d’arriver à la conclusion rétrospective que l’on avait raison de cautionner l’attitude préalable qui consistait à considérer qu’il n’était pas légitime de négocier avec un adversaire si « barbare ». Face à l’escalade de la violence, au risque d’enlisement et aux conséquences économiques (y compris en dehors d’Ukraine) de la guerre, le recours à la diplomatie aurait cependant dû et devrait être considéré avec davantage de sérieux. A l’heure actuelle, les livraisons d’armes s’accompagnent d’une rhétorique qui dit l’opportunité de frapper la Russie et rendent inaudibles les appels à la désescalade. Afin de pouvoir faire aboutir une éventuelle solution diplomatique, peut-être les Etats européens seraient-ils avisés de déclarer qu’ils veulent aider les Ukrainiens à ne pas perdre et d’éviter d’user du vocabulaire de la victoire[3].

Répondre au militarisme par le militarisme ?

Le régime de Vladimir Poutine instrumentalise l’histoire de la Seconde Guerre mondiale pour légitimer sa politique de sécurité. L’offensive contre l’Ukraine a offert une illustration récente de ce phénomène, la Russie tentant de justifier la guerre en la présentant comme une opération de « dénazification ». Il est vrai que le militarisme caractérise le régime russe depuis de nombreuses années. Depuis son arrivée au pouvoir en 2000, dans le contexte évoqué ci-dessus, Vladimir Poutine œuvre au renforcement des forces armées. Il va sans dire que le militarisme, qui est allé crescendo après 2014, suite à l’invasion de la Crimée, a aussi joué un rôle dans la guerre actuelle. On notera cependant que la politique de réarmement de la Russie ne s’est pas traduite par une capacité à vaincre rapidement l’Ukraine. La Russie, considérée comme la troisième plus grande puissance militaire au monde, n’aurait atteint aucun de ses objectifs militaires en Ukraine. Après 80 jours d’opérations, ses forces piétinent. Elle n’a pourtant pas été confrontée à une armée réputée particulièrement dotée sur le plan matériel – mais, c’est exact, les Ukrainiens ont obtenu un soutien logistique important de la part des Etats-Unis et de leurs alliés. Ajoutons que le budget militaire de la Russie récent est estimé à environ 65 milliards de dollars. Celui de l’Ukraine était évalué en 2021 à environ 6 milliards de dollars. Un nombre grandissant d’analystes considère que la superpuissance militaire russe relève de la supercherie. Cela ne signifie pas que l’armée russe n’est pas capable de causer d’importants dégâts humains et matériels. Mais, selon ces experts, ses capacités conventionnelles sont beaucoup plus réduites qu’on pouvait le penser, notamment car sa défense est arcboutée sur une économie modeste. Ces experts pensent aussi que la Russie n’est pas en mesure de s’opposer à l’OTAN avec ses unités classiques. Depuis des années, des militaires, des experts proches du complexe militaro-industriel et des décideurs européens demandent que les dépenses de défense soient augmentées de manière récurrente – et, de fait, elles ont connu des augmentations ces dernières années. La guerre en Ukraine semble venir à point nommé pour relégitimer ce type de demande. L’Allemagne a même annoncé récemment qu’elle allait doubler son budget de la défense, proposant d’aller au-delà du seuil des 2 % de son PIB exigé par l’OTAN. Les Etats-Unis et les Etats membres de l’OTAN ne sont pourtant pas désarmés. Le budget annuel de la défense de tous les Etats de l’OTAN dépasse les 1.000 milliards de dollars. Le budget cumulé des Etats européens de l’OTAN dépasse quant à lui les 200 milliards de dollars par an. Au vu de l’écart entre ces sommes et celles dépensées par la Russie pour ses forces armées, au vu également des résultats de l’offensive russe en Ukraine, on peut se demander si les appels à l’augmentation des dépenses de défense sont fondés. Par ailleurs, dans un contexte de montée en puissance des mouvements radicaux de droite dans certains Etats européens et de l’OTAN, on peut se demander si le réarmement ne risque-t-il pas un jour de se retourner contre ceux qui y sont favorables. Plus encore, le réchauffement climatique est probablement la principale menace qui nous guette. On ne voit pas comment de nouveaux chars, de nouveaux drones, des nouvelles pièces d’artillerie pourront nous aider à faire face à celle-ci. Dans le conflit qui est en cours, la Russie est l’agresseur et il est essentiel d’aider les Ukrainiens. La brutalité des actions russes ne doit cependant pas nous faire perdre tout sens critique. Même si le « système international » ne porte pas toute la responsabilité du conflit en cours, il est important de prendre en considération son rôle. On ne peut faire l’économie d’une réflexion sur l’amélioration de l’architecture de sécurité qui a contribué à faire émerger la guerre. Il est tout aussi crucial de rester vigilant à propos des livraisons d’armes et de rappeler que la diplomatie reste un outil incontournable pour gérer les guerres. Enfin, il faut éviter de céder à la panique en prenant pour argent comptant les discours des porte-paroles du complexe militaro-industriel. Le militarisme n’est pas une réponse satisfaisante à une crise en partie causée par le militarisme. Synthèse de l’intervention de Christophe Wasinski, jeudi 12 mai 2022
[1] Pour une histoire détaillée et nuancée de l’OTAN au cours des années 1990, voir : M.E. Sarotte, Not One Inch. America, Russia, and the Making of Post-Cold War Stalemate, Yale University Press, New Haven, 2021. [2] Sur cette question, voir : Andreas Behnke, NATO’s Security Discourse after the Cold War. Representing the West, Londres, Routledge, 2012. [3] Adam Tooze, « After the Zeitenwende: Jürgen Habermas and Germany’s new identity crisis », The New Statesman, 12 mai 2022 (https://www.newstatesman.com/ideas/2022/05/after-the-zeitenwende-jurgen-habermas-and-germanys-new-identity-crisis).

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