Depuis quelques années, l’accent est mis sur la compréhension de ce processus complexe pour tenter de mettre en lumière ses mécanismes. Pourquoi certains individus se radicalisent-ils ? Qu’est-ce qui les pousse sur cette voie ? Les jeunes sont-ils plus vulnérables à la radicalisation que leurs aînés ? Et plus spécifiquement : Internet est-il un facteur de radicalisation ? Comment prévenir, et plus tard, comment en guérir ?

A l’heure actuelle, il est rare de passer plus d’une semaine sans lire dans la presse des articles évoquant les « problèmes de radicalisation ». Derrière cette formule, beaucoup de réalités très différentes se cachent, et finalement ne parlent que rarement de la même chose. Qu’est-ce que la radicalisation ? Il s’agit d’un processus complexe qui ne peut être résumé en une phrase, et surtout ne peut être généralisé tant il existe autant de processus de radicalisation qu’il n’existe de personnes radicalisées. En Belgique, se radicaliser ne constitue pas un crime. Il faut donc à tout prix éviter l’amalgame entre « radicalisation » et « extrémisme » ou « terrorisme » : l’une n’entraîne pas forcément l’un ou l’autre ! Mais dans les cas extrêmes où la violence prend place, il est essentiel de comprendre le parcours des personnes ayant suivi ce processus de radicalisation et ce qui les a poussés à considérer la violence comme un moyen acceptable pour parvenir à une fin dans une société où les actes violents sont condamnés par la loi.

Bien souvent, les causes de la radicalisation menant à la violence politique sont décrites soit comme une colère et une frustration ressenties par un individu en recherche de réponses, soit comme un individu séduit par une idéologie radicale allant à l’encontre de l’ordre établi. La recherche scientifique a pu démontrer que 1) l’idéologie n’avait pas tellement d’importance lors du recrutement d’un individu dans un groupe radical (celle-ci intervient après pour justifier l’engagement) mais que 2) les questions auxquelles l’individu cherche des réponses sont effectivement traduites par de la colère et/ou de la frustration, mais qui sont elles-mêmes des conséquences de problèmes structurels : précarité socio-économique, sentiment d’injustice perçue, discrimination perçue, etc. Ces éléments ne sont pas propres à une forme spécifique de radicalisation, mais ont pu être observés à travers différents courants idéologiques (extrémisme de gauche, extrémisme de droite, extrémisme religieux, etc.). Dans le cas de logiques préventives, ce constat peut être à la fois perçu comme une mauvaise et une bonne nouvelle : la mauvaise nouvelle étant qu’il n’existerait sans doute pas de mesures de prévention spécifiques à la radicalisation ou à une forme de radicalisation, et la bonne nouvelle étant que les mesures de prévention que nous connaissons déjà et ayant trait à la délinquance et la criminalité en général peuvent avoir des effets pour prévenir la radicalisation !

Le cas des départs de jeunes vers la Syrie a fait couler beaucoup d’encre, et a notamment soulevé des inquiétudes concernant la vulnérabilité des jeunes à certains discours radicaux, ainsi que concernant l’utilisation d’Internet à des fins « radicalisantes ». Mais ici aussi, ces inquiétudes ne sont pas propres au phénomène de la radicalisation et les techniques préventives déployées pour prévenir la délinquance peuvent s’appliquer. Pour apporter cette réponse préventive, il est donc primordial de garder à l’esprit les « causes des causes » de la radicalisation et apporter une réponse aux problèmes structurels auxquels les jeunes (et moins jeunes) doivent faire face, souvent seuls, et dont la colère et la frustration qui en découlent peuvent servir de déclencheur vers un processus de radicalisation, encouragé par des groupes radicaux intéressés par ces individus « en recherche ».

Sur ce sujet, la CNAPD a récemment publié une brochure. Pour  plus d’informations sur la brochure pour se la procurer, il suffit de cliquer ici!

Julianne Laffineur

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