Voilà plus de trois mois que les peuples d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient nous réapprennent la quintessence de la mobilisation collective ; cette force de tout un mouvement armé de la seule volonté. Dans la plupart des pays, les gouvernements acculés et déconcertés n’y répondent que par la violence.

Nous ne pouvons que rester admiratifs devant la détermination de ces populations que la peur semble avoir quitté et qui continuent malgré tout à se mobiliser au péril de leur vie parfois, mais jamais de leurs idées. Cette admiration n’a d’égal que la réprobation et la condamnation à l’encontre des gouvernements oppresseurs et meurtriers.

Nos représentants ont pris très tard la force et la profondeur de ces revendications, les considérant comme un épiphénomène ; gênés par ces troubles à l’ordre établi. Ensuite, la prise de conscience avouée a été telle qu’elle a débouché, dans le cas de la Libye, à une entrée en guerre dans le but de protéger les civils. Ces mêmes civils qui appellent à être protégés au Bahreïn, au Yémen ou encore en Syrie, où la répression prend des ampleurs de bain de sang.

Pourtant, transposer la réponse libyenne en Syrie n’est pas envisagée pour des raisons économiques, politiques, géo-stratégiques et, espérons-le encore, philosophiques.

La CNAPD entend dès lors rappeler que de nombreux moyens d’actions peuvent être envisagés, qui nécessitent tous la mise en valeur et la pérennité d’une réelle « communauté » internationale.

Ainsi, si l’Union européenne a déjà annoncé le « lancement de ses procédures internes » en vue d’un embargo sur les armes, sur le matériel pouvant servir à la répression ainsi qu’une suspension des accords d’association, nous ne pouvons faire l’impasse d’un dialogue direct, soutenu et volontaire afin de mettre un arrêt immédiat à la répression sanglante du régime baasiste, et d’apporter du poids aux revendications de la population. Dans ce cadre, la Belgique et l’Union européenne pourraient proposer à la Turquie de jouer un rôle central dans le processus.

En outre, la CNAPD demande à la Belgique de sommer le régime syrien d’apporter les preuves de ses accusations selon lesquelles une présence étrangère – armée ou non – pousserait les manifestations.

Enfin, dès lors que nous condamnons la réponse violente du régime face aux demandes de justice, il faut que nous puissions y répondre par un attachement sans faille à la justice et au respect des normes internationales. Ainsi, la CNAPD demande à la Belgique d’affirmer solennellement son attachement à la récupération du plateau du Golan par la Syrie.

Face aux révoltes populaires d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et des victimes qu’elles entraînent, le double langage est synonyme de complicité. Depuis le début des soulèvements, les réactions occidentales n’ont jamais prouvé que le respect des valeurs qui fondent notre société était sans limite.

Pour la CNAPD
Isabelle Grippa, Présidente

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