La CNAPD tient à marquer son inquiétude quant aux événements se déroulant aujourd’hui en Égypte. Un président, élu de manière démocratique, a été démis de ses fonctions et emprisonné par l’armée, cela rappelle indubitablement des épisodes funestes de l’histoire de l’humanité.

Certes, la politique de Mohamed Morsi était contestée par des millions d’Egyptiens qui, le 30 juin dernier, sont sortis dans la rue pour exiger son départ. Toutefois, l’énorme influence de l’armée dans la vie politique égyptienne n’est pas un élément favorable à la consolidation de la démocratie dans ce pays. Par ailleurs, si dans l’opposition au président déchu, on retrouve des révolutionnaires porteurs d’idéaux de liberté, d’égalité et de justice sociale, on ne peut passer sous silence la présence d’activistes liés à l’ancien régime autocratique et corrompu du président Moubarak, ni celle de radicaux salafistes tout aussi dangereux pour l’avenir de la démocratie. On ne peut donc minimiser le risque de voir la situation dériver en restauration d’un pouvoir fort et anti-démocratique, sous l’égide des militaires. Les fusillades meurtrières et les arrestations arbitraires des derniers jours n’ont rien de rassurant.

La CNAPD s’étonne du silence, que l’on pourrait être tenté de qualifier de complice, des autorités belges. A l’exception d’une sortie ponctuelle, passant à coté de l’essentiel, du Ministre des Affaires étrangères recommandant aux touristes belges de ne pas aller en vacances en Egypte en dehors des zones très touristiques, notre diplomatie ne s’est pas montrée très proactive. Certes, on peut relativiser l’immobilisme de notre pays à l’aune du manque de réaction de l’Union Européenne. Le message politique envoyé par les pays occidentaux, pourtant toujours prompts à donner des leçons de démocratie est celui d’une tolérance voire d’une bienveillance envers la mise au pas du pouvoir civil par le pouvoir militaire. Ne faut-il pas craindre que ce précédent inspire certains officiers dans d’autres pays où les dirigeants sont contestés ?

Il ne fait aucun doute que la solution à la crise égyptienne est politique. Il est essentiel de réunir autour d’une table de négociation l’ensemble des forces sociales et politiques, en ce compris des représentants des minorités, en vue de construire un cadre permettant de garantir la transition démocratique. Il est inacceptable que l’héroïque peuple égyptien soit dépossédé de sa révolution et qu’après avoir pris son destin en main, il ne puisse faire émerger une société de paix et de démocratie.

La CNAPD est également inquiète pour le respect des Droits des Femmes en Egypte. De nombreuses informations, rapportées notamment par Human Rights Watch, font état d’une épidémie de violences et de harcèlement sexuels envers les femmes égyptiennes en marge des manifestations populaires. Il est plus que temps que les autorités égyptiennes prennent à bras le corps cette problématique essentielle à la réalisation d’une société démocratique et égalitaire.

La CNAPD exprime sa solidarité avec le peuple égyptien dont les aspirations démocratiques sont plus que légitimes. La CNAPD demande à Didier Reynders, le Ministre des Affaires étrangère de condamner le coup d’état militaire et d’exiger la mise en place rapide d’une transition démocratique. Un premier geste concret pourrait être le rappel pour consultation de l’ambassadeur belge au Caire. La CNAPD demande également au gouvernement belge d’insister auprès de l’Union Européenne pour que cette dernière prenne clairement position en faveur du respect des droits civils et politiques ainsi que ceux des minorités en Égypte.

Pour le conseil d’Administration de la CNAPD, les co-présidents
Carlos Crespo, Nicolas Vandenhemel

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