En 2025, les dépenses militaires mondiales ont augmenté pour la onzième année consécutive, atteignant 2 887 milliards de dollars. C’est ce qu’indique le nouveau rapport de l’Institut suédois de recherche sur la paix (SIPRI) paru ce lundi 27 avril. Il s’agit d’une hausse de 2,9 % par rapport à 2024. Si l’on exclut les dépenses militaires des États-Unis qui ont légèrement diminué, la hausse mondiale des dépenses militaires est à nouveau impressionnante : + 9,2 %.
Le continent européen est la région où les dépenses militaires ont le plus augmenté en 2025 : + 14 % par rapport à 2024 ! L’accélération de la militarisation des États européens membres de l’OTAN ont entraîné la plus forte hausse annuelle des dépenses en Europe centrale et occidentale depuis le début de la guerre froide. « En 2025, les dépenses militaires des États membres européens de l’OTAN ont augmenté plus rapidement qu’à tout autre moment depuis 1953 », indique le SIPRI. Entre 2016 et 2025, les dépenses militaires de ces États ont plus que doublé (+102 %) !
Il s’agit là d’une évolution extrêmement inquiétante, conséquence de tensions géopolitiques croissantes, vis-à-vis desquelles la politique de puissance militaire constitue la réponse presque exclusive, asphyxiant progressivement le droit international, les structures des Nations Unies et la diplomatie.
Bien que les dépenses militaires des pays européens membres de l’OTAN (559 milliards de dollars en 2025) soient trois fois supérieures à celles de la Russie (190 milliards de dollars), l’OTAN s’est engagée à relever la « norme » des dépenses militaires de 2 % à 5 % du PIB à l’horizon 2035, dont 3,5 % pour les dépenses militaires strictes.
En 2025, la Belgique a augmenté ses dépenses militaires de 59 % par rapport à 2024, pour atteindre 14,5 milliards de dollars. Au même moment, le gouvernement annonçait des mesures d’austérité importantes, provoquant de nombreux troubles sociaux. Des mesures dont les retombées budgétaires ne comblent même pas l’augmentation du budget de l’armée. La Belgique occupe désormais la 28e place (contre la 32e auparavant) dans le classement mondial des pays ayant les dépenses militaires les plus élevées. Si le plan budgétaire de la « Vision stratégique de la Défense 2025 » est respecté, notre pays dépensera au total, sur l’ensemble de la législature (jusqu’en 2029), pas moins de 28,3 milliards d’euros de plus pour l’armée par rapport à 2024 !
La Commission européenne a proposé (plan « ReArm Europe » devenu « Readiness 2030 »), que les Etats puissent consacrer 1,5 % supplémentaire de leur PIB à des dépenses militaires, hors du cadre budgétaire européen. Pour toutes les autres dépenses publiques, l’injonction reste la réduction du déficit public, qui doit être maintenu en-dessous des 3 % du PIB. Malgré cela, les exercices budgétaires de l’Arizona s’avèrent toujours plus violents. Au lieu d’économies effectives, des milliards de fonds publics sont prélevés sur pratiquement tous les secteurs (sécurité sociale, retraites, transports publics, asile et migration, climat, coopération au développement, etc.) afin de pouvoir payer la facture colossale de la Défense. La plateforme « Stop Militarisation », une plateforme nationale regroupant des dizaines d’organisations de la société civile, de syndicats et du mouvement pour la paix, s’oppose à ce pillage de nos fonds publics.
Il est illusoire de croire que plus d’armes et des armées plus importantes garantissent notre sécurité. L’histoire nous enseigne au contraire qu’elles alimentent la défiance entre les États, sapent la coopération et exacerbent les tensions et la menace de guerre. La militarisation éloigne toujours plus les Etats de la coopération internationale pourtant indispensable pour faire face aux menaces planétaires urgentes, telles que le changement climatique ou l’armement nucléaire. La militarisation attise les troubles sociaux et compromet la justice sociale (et donc la sécurité des citoyennes et des citoyens).
Pour ces raisons, la plateforme belge « Stop militarisation » et la plateforme européenne « StopRearm Europe » appellent à participer à la manifestation européenne contre la militarisation, organisée à Bruxelles le dimanche 14 juin sous le slogan « Pour la justice sociale et contre la guerre ». La manifestation se déroule à un moment crucial, la veille du Conseil européen (18-19 juin) et quelques semaines avant le sommet de l’OTAN à Ankara (7-8 juillet).