Depuis 5 ans, l’Observatoire des Armes wallonnes publie un rapport annuel proposant un état des lieux des grandes tendances sur les exportations d’armes wallonnes. Le dernier rapport de l’Observatoire est sorti en juin 2023 et porte sur la période allant de juin 2022 à juin 2023.Le rapport contient de nombreuses informations importantes concernant ces transferts d’armement, les enjeux politiques qui les entourent et les règles de droit international, européen ou régional supposées les réglementer. Plusieurs de ces informations doivent nous alerter. Contentons-nous ici d’en relever une. Entre 2021 et 2022, le volume des exportations d’armes à destination de l’Indonésie a été multiplié par 6. Une augmentation inquiétante lorsque l’on sait que les forces de sécurité indonésiennes sont accusées d’homicides illégaux et de violations des droits humains en Papouasie et en Papouasie occidentale. Les violations des droits humains par les forces de sécurité indonésiennes sont documentées. L’utilisation d’armes de fabrication wallonne par l’armée indonésienne l’est aussi. A cet égard, deux rapports récents documentent une série d’attaques menées par l’armée indonésienne sur des villages à Kiwirok, une localité de la Papouasie occidentale, et les nombreuses violations des droits humains en ayant résulté. Ces rapports reviennent également sur les types d’armements utilisés dans le cadre de ces attaques. Parmi ceux-ci, des armes de fabrication belge. Ainsi, des roquettes FZ68 fabriquées par l’entreprise belge Thales Belgium (anciennement Forges de Zeebrugge) auraient servi dans des attaques indiscriminées contre des villages papous.Ces nouvelles évidences sont l’occasion de rappeler l’importance d’un contrôle accru des exportations d’armes wallonnes, et plus particulièrement lorsque celles-ci se font à destination de pays sensibles, ainsi que du respect strict des législations européennes et régionales en la matière1. Et ce contrôle n’est possible qu’à la condition que les autorités wallonnes assurent une plus grande transparence des décisions prises en la matière. L’opacité reste trop souvent la règle, restreignant l’action des parlementaires et de la société civile afin d’assurer un contrôle démocratique pourtant essentiels sur de tels enjeux2.Pour accéder aux rapports complets, c’est par ici et par là.
1Les exportations d’armes et de matériel militaire sont régies par la Position commune 2008/944/PESC du Conseil de l’Union européenne définissant des règles communes régissant le contrôle des exportations de technologie et d’équipements militaires, elle-même transposée en droit wallon par le décret du 21 juin 2012 relatif à l’importation, à l’exportation, au transit et au transfert d’armes civiles et de produits liés à la défense.
2La CNAPD a participé et participer à mener plusieurs actions et prises de positions en la matière.

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